Soyons fenêtre. Soyons ouverture.

Sans dedans ni dehors.

Vision sans quelqu'un qui voit.

Acceptons ce risque de laisser disparaitre l'observateur dans l'espace de la vision.

Et quand le regard se fait ainsi fenêtre, c'est avec allégresse que le monde se donne à vivre.

Nisargadatta Maharaj disait :

"La fenêtre est l'absence de mur, elle donne l'air et la lumière parce qu'elle est vide.
Soyez vide de tous contenus mentaux, de toute imagination et effort, et l'absence même d'obstacles
va permettre à la réalité de jaillir."

Un bon exercice :

Dans une pièce, rapprochez vous doucement d'une fenêtre ouverte.

Voyez comme elle s'agrandit.

Rapprochez vous encore et devenez fenêtre.

Devenez paysage.

 

Voici ci-dessous un beau témoignage de François Malespine sur la fenêtre :

 

 

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"Un jour, j'ai vu un paysage au travers d'une fenêtre ouverte comme je ne l'avais jamais vu. Tout à coup, ma conscience se retira du paysage et devint le vide de la fenêtre. Je n'étais plus conscient « de » mais simple conscience. Je n'étais plus « moi » mais simple « Je Suis ». Le paysage apparaissait sans rien qui puisse murmurer : « c'est moi qui regarde, c'est à moi que ceci apparaît ». En devenant le vide de la fenêtre, je devins intense présence à ce qui était perçu, sans qu'il y ait trace de jugement. A la place une intense conscience du niveau qualitatif de ce qui était observé. Dans ce type d'expérience, le «JE » qui regarde est sans localisation, sans histoire personnelle, sans sensation de commencement, de fin, ou de « temps ». Il est espace, vacuité, luminosité. Dans le livre « Sois » de Nisargadatta Maharaj, une expérience similaire est rapportée :
Visiteur: « Je perçois ici même une chose qui n'a ni forme ni couleur - l'espace de cette pièce - et en moi, je distingue un espace similaire et ce n'est pas l'oeil qui le voit. Cela ne relève pas du "corps-intellect" ».
Maharaj : « Exact. Fixez-vous à ce niveau, trouvez-y votre véritable identité. Cet espace est libre comme la lumière, comme l'air. Il n'a aucune forme, mais il est beaucoup plus subtil et réel que l'air et la lumière. Ne quittez pas ce niveau. Aucun effort n'est nécessaire pour parvenir à cette union avec la conscience qui se fait spontanément, mais un effort est nécessaire pour atteindre le niveau où l'on comprend véritablement que cela se produit sans effort ».
A partir de cet espace le monde (intérieur ou extérieur) est simplement vu. Cette conscience est non connectée mais intensément présente au « nom et à la forme ». Elle est vécue comme « source-mère » de toutes les formes manifestées, et de ce fait fondamentalement aimante. Pur « Je Suis », elle est présence numineuse, énergie à partir de laquelle, comme le dit Ramesh Balsekar « La Vie EST ». Tout apparaît et disparaît en son sein."
François Malespine, Mal d'ego, Bonheur d'être,