Reçu de Franck Terreaux, ce matin :

4485655080cf5b0de817d21b827a4582

"J'ai pu remarquer bien tardivement que chez bon nombre de personnes le retour à soi (que nous n'avons jamais quitté) s'effectue très souvent sans plaisir. On le fait parce qu'on nous a dit de le faire. C'est une des raisons essentielles qui fait que nous le quittons tout le temps. Au lieu de vivre dans le monde c'est-à-dire d'être simplement là, devant cette page d'ordinateur on retourne dans son monde. Son monde c'est nos pensées, qui nous projettent dans un passé ou un futur imaginaire et tout le fatras qui va avec, alors que vivre dans le monde est si simple. Vivre dans le monde se réduit simplement en cet instant même à : je suis actuellement assis là lisant ces mots devant cette page d'ordinateur.

On a beau regarder autour de nous, il n'y a aucun problème nulle part, ici, là où nous sommes ; il n'y a que ce qui est. Quand on se rend compte, non seulement de ce que l'on perd, mais de ce que l'on y gagne, on saute de joie. Vivre cette vision qui est, et que nous n’avons jamais quittée, est bien plus intéressant que de partir dans notre monde, qui est lui sans renouvellement, toujours en train de ressasser les mêmes choses. Comme le disait Douglas, "aussi chiant que la vue de flocons de neige tombant devant un fond blanc". Le truc c'est de saisir la joie qui est éprouvée en vivant dans cette vision intemporelle. La vie étant infiniment plus simple, on est tellement plus heureux. Le choix de vivre dans le monde plutôt que dans son monde devient alors aussi évidente que s'il on vous proposait de dormir sur un bon lit douillet ou une planche à clous ; le choix serait vite fait. Ce n'est d'ailleurs même pas un choix, c'est l'évidence même.


Quand vous êtes dans le monde, vous savez que vous êtes, et, à la fois, vous savez que vous n'êtes pas dans votre monde. Le monde, c'est les cinq sens, la réalité des perceptions s'actualisant en cet instant même. L'inverse n'est pas possible car notre monde est un état de rêve éveillé, reposant seulement sur une réalité imaginaire. Savoir s'il y a un réellement vous qui est, la réponse peut attendre, l'important actuellement est pourquoi retourner dormir sur une planche à clous alors que nous sommes déjà dans un lit douillet ?


Cette vision qui est déjà là, et a toujours été là, est là, sans aucun effort de notre part ; notre monde lui ne fait que passer par là.
"

Franck Terreaux