Le maitre Patrul Rinpoche a résumé la voie directe du dzogchen en trois points, trois maximes. Voici ce qu'elles signifient selon Péma Namgyel, un maitre tibétain contemporain

foule-gare

 

"Voici les trois maximes :

Apercevoir la vérité elle-même;

Acquérir la conviction unique;

Atteindre l'assurance dans la libération.

La première dit: commencez par l'introduction à la vue, ayez-en un aperçu authentique, une vision directe. Quand vous accueillez, dans une gare, une personne jusque là inconnue, identifiée sur des photos, vous scrutez les visages sans succès, croyant peut-être plusieurs fois, de loin, que c'est la personne cherchée, alors que ce n'est pas elle. Puis finalement, la voilà, c'est elle.

Demeurez ensuite dans cette vue, faites-en votre seule méthode spirituelle. Quand des difficultés surviennent ou quand l'esprit est confronté à des pensées, le seul remède à appliquer est de revenir à cette vue, aperçue auparavant. Soyez donc convaincu que tout se réduit à elle: la conviction unique. C'est l'objet de la seconde maxime.

Puis, libérez vraiment tous les karmas, toutes les perturbations émotionnelles, toutes les pen­sées, grandes ou petites, subtiles ou grossières, etc. Il ne suffit pas de vouloir les abandonner ou d'y renoncer: il faut les libérer radicalement.

Cette libération est à la fois le signe et la preuve que la vue est parfaitement assurée.

Ces maximes constituent une gradation.

Apercevoir la vérité elle-même correspond à : « C'est ça! » Acquérir la conviction unique, c'est savoir : « C'est vraiment ça ! » Atteindre l'assurance dans la libération, c'est trancher: « Il n'y a rien d'autre que cela ! »

Ces maximes frappent au cœur de l'essentiel est-il dit. En effet, elles permettent d'abattre l'égare­ment d'un seul coup. Un chasseur armé d'un arc et voulant abattre un cerf du premier coup devrait l'atteindre en plein cœur: le toucher à un membre ne permettrait pas ce résultat direct et fulgurant. Les trois maximes foudroient ainsi directement l'errement en le frappant au cœur."

Kunzang Pema Namguel, L'escalier de cristal.