La vacuité et la compassion sont inséparables. La vacuité éveille à la compassion et s'exprime par l'amour de ce qui est.

Douglas Harding disait souvent: "En perdant votre tête, vous allez trouver votre coeur." Du vide surgit l'amour ; en nous éveillant à la vacuité, nous nous ouvrons au monde et à autrui.

Tchenrenzi est la représentation de cette compassion-vacuité dans le bouddhisme. Littéralement « celui qui regarde continuement avec les yeux de la compassion « ,Tchenrézi (tib : sPyan RégZigs) incarne la dimension aimante propre aux bouddhas, et donc à l’esprit éveillé.

 

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"LA COMPASSION

Tchènrézi et la compassion sont une seule réalité, le Grand Compatissant étant la forme prise par la dynamique de l'esprit sans forme. Aussi nous faut-il bien comprendre ce que sont amour et compassion.
Si nous comparions même nos plus grandes souffrances ou nos plus graves difficultés à ce qu'endurent les animaux, nous verrions que nous ne sommes jamais dans une condition aussi douloureuse que la leur. Lorsque, par exemple, un animal est touché par la maladie, ses souffrances physiques sont les mêmes que celles d'un humain qui tombe malade, mais il n'y a aucun moyen d'alléger sa peine : il ne peut la décrire, il n'a ni médecin ni remède auxquels se confier. Lorsqu'il est exposé au grand froid ou à d'intenses chaleurs,il n'a guère non plus les moyens de s'en protéger. Lorsqu'on lui impose les travaux les plus durs, il ne dispose d'aucune liberté de refuser. Tandis que les hommes, même les plus pauvres, même les plus démunis, il leur reste toujours une petite marge de liberté pour tenter de trouver des moyens qui amélioreront leur sort.

La plupart des gens ne voient néanmoins que leur propre souffrance et se lamentent sans cesse sur eux-mêmes : "Que je souffre ! Que cette maladie est dure ! Que ma condition est pénible !" Jamais ils ne pensent à prendre en considération les souffrances des autres, même si, comme celles des animaux, elles sont bien plus nombreuses et bien plus intenses que les leurs.

Lorsque nous ne comprenons pas les souffrances des autres, nous accomplissons beaucoup d'actes qui leur sont nuisibles et qui, par leur caractère négatif, entraîneront dans nos vies à venir des souffrances pour nous-mêmes, bien que nous ne les désirions pas.

Dans le bouddhisme en général, et plus particulièrement dans le grand véhicule, le simple fait de prendre conscience des souffrances et des difficultés des autres est regardé comme une attitude intérieure très bénéfique, car elle permet que l'amour et la compassion naissent en nous naturellement.

Amour, compassion, joie et équanimité constituent les "quatre sans mesure", qui sont le coeur même de la pratique du Mahayana. Lorsque ces quatre attitudes imprègnent notre esprit et qu'elles guident notre manière de penser, de parler et d'agir, c'est aussi ce qu'on appelle la Bodhichitta.

Sans la Bodhichitta, c'est-à-dire sans l'amour et la compassion, toute autre pratique, si profonde soit-elle apparemment, n'est pas une voie vers l'éveil.

Lorsque nous sommes habités par les "quatre sans mesure", nous sommes naturellement amenés éviter tout ce qui pourrait nuire aux autres, naturellement conduits à accomplir ce qui leur est bénéfique. Dès lors, nous demandons le bonheur aux autres en même temps que nous engageons, pour l'avenir, notre propre bonheur. C'est un bienfait autant pour nous-mêmes que pour les autres.

Celui qui aurait toute l'intelligence et toute la science du monde mais qui manquerait d'amour et de compassion ne pourrait jamais rien accomplir de vraiment bénéfique pour les autres. Celui qui est profondément habité par l'amour et la compassion, dans tout ce qu'il fait, accomplit le bien des autres."

 

Bokar Rinpoche (1940-2004)



Le dernier paragraphe est à rapprocher d'un texte de saint Paul

"Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit.

Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.

Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité.

Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.

La charité ne passe jamais."

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