Jean-Louis Accarias vient de publier un nouveau livre de Didier Weiss et Pierre Jutant qui se présente comme un dialogue sur la non-dualité et l'éveil.

 

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Extrait :

 

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Pierre : Permets-moi d’être curieux. Y a-t-il un avant et un après la Réalisation, un état de conscience particulier au-delà de la seule compréhension intellectuelle ? Et cette réalisation est-elle subite ou progressive?... Qu’en fut-il dans « ton » cas ?

Didier : Avant, après... Ce qui change en fait est la disparition de quelque chose qui n’a jamais vraiment existé. Peut-on alors parler d’un événement ? Mais bon, supposons...

La Réalisation ne peut pas être progressive. On ne peut pas simultanément voir et ne pas voir un objet, l’un exclut l’autre.
À la seconde même où notre irréalité est perçue en temps que « objet/forme/entité » – non pas au niveau intellectuel mais au niveau du vécu – un retour en arrière est inconcevable.

Le chemin pour y arriver peut sembler prendre du temps, les intuitions devenir de plus en plus fulgurantes. Elles ne sont jamais la cause de l’Éveil mais en sont seulement les signes avant-coureurs.

Une compréhension vécue est d’un tout autre ordre qu’intellectuel. Le paradoxe est que l’état de conscience qui se dévoile alors n’est en rien différent de celui qu’on a toujours expérimenté. Donc il n’y a rien de particulier à rapporter sauf que l’association d’une « image/histoire personnelle » qui créait un hypnotisme profond jusque-là est perdue à jamais.

 

Je vais faire une analogie. Si un jour tu te prends pour un éléphant rose par erreur d’inattention, le jour où cette identification tombe, il sera évident que :

1. Tu n’as jamais été un éléphant rose.

2. Ce que tu étais avant/pendant/après est la réalité sur laquelle l’éléphant rose s’est greffée.

3. Il semble difficile de redevenir éléphant rose, car cette compréhension n’est pas une déduction logique intellectuelle mais une vision, un vécu.

Donc pour en revenir à ta question, le niveau de conscience particulier reste le même.

Le Paradis, qui n’a jamais été perdu, qui a toujours été là, finalement se dévoile... et ce que nous avons cru voir et expérimenter pendant des années n’en a été que l’ombre pâle. 

…/...

Ce fut très similaire à une énorme bulle de savon qui éclate, à la vision d’un angle mort que j’avais toujours évité de par sa simplicité et de par l’incompatibilité totale avec cette recherche intitulée « mon » Éveil personnel et avec la totalité de « ma » vie sous tous ses aspects en mémoire ou imaginés.

La seconde d’après, la question fut : « Serait-ce si simple et évident ? »

Et puis ce Silence...

Peu après, j’ai repris quelques pages de ces maîtres dont j’avais laborieusement étudié le message par le passé : Nisargadatta Maharaj, Stephen Jourdain et d’autres encore. Surprise ! Le texte s’était transformé et clarifié à un tel degré que ce fut comme de passer d’idéogrammes chinois à du français de tous les jours. La grille de décodage amenait un sens totalement concret et non plus conceptuel. Et en même temps, ceci n’a pas semblé extraordinaire, bien au contraire, plutôt ordinaire à part ce sentiment de Paix totale.

Il a fallu plusieurs mois d’ajustement, spécialement au niveau sensoriel, et des années pour explorer un peu. Je t’avoue que c’est parfois encore un mystère... "