Une lectrice du blog (et une amie) me pose la question suivante :
"bonsoir José,
j'espère que tout va bien pour vous .
Douglas Harding préconise comme pratique :
là-bas =  un visage, un objet
ici     =  l'espace, le vide

Par cette pratique nous nous inscrivons dans un état de dualité alors que nous sommes qu'ouverture et accueille de ce qui est , alors peux-tu m'expliquer .?"

Bonjour,

Nous pensons que la relation avec autrui est une relation de face à face. C'est ce que nous dit le langage, n'est-ce pas ? Quand je rencontre autrui, la relation est symétrique : un visage là-bas et mon visage ici, de mon côté.Dès lors, la relation ne peut être que duelle :

Un visage là-bas plus un visage ici font deux visages

1+1=2

relation1

En réalité, quand nous sommes attentifs, et que nous regardons les faits tels qu'ils nous sont donnés, nous constatons que nous accueillons le visage d'autrui à partir d'une vacuité au-dessus de nos propres épaules. Notre relation avec autrui n'est pas et n'a jamais été basée sur le face à face. Nous ne sommes jamais dans une relation de symétrie avec autrui :

La relation réelle est structurée ainsi : visage là-bas et espace de notre côté. Dès lors la relation avec autrui est toujours non-duelle :

un visage là-bas plus une ouverture de mon côté.

1+0=1

relation2

Mais il faut prendre garde aussi à ne séparer l'espace et ce qui apparait en lui, ce qui reconstituerait finalement une autre dualité : le vide d'un coté et les visages de l'autre coté.

En fait, le visage d'autrui est à zéro centimètre de nous; il jaillit en nous; il est nous. Nous ne pouvons trouver aucune frontière entre un intérieur et un extérieur. Cette union c'est l'amour.

Mais pédagogiquement, il est utile de procéder ainsi:

Etape 1: nous ne sommes pas face à face avec autrui, mais face à espace

Etape 2: Il n'y a pas de dualité entre l'ouverture et autrui; tout est un.

merci

jlr