imagesdavidmortdesocratereduct mort de Socrate, racontée par Platon dans le Phédon.

 

 

D'accord avec Onfray. La fin du travail philosophique n'est pas la lecture ou l'explication des textes des philosophes mais la mise en pratique, l'incarnation existentielle de la philosophie.

C'était l'idéal de la philosophie antique comme on le voit dans ce texte d'Epictète, où le philosophe stoïcien distingue l'intellectuel qui ne fait que comprendre Chrysippe (célèbre philosophe stoïcien réputé difficile) du véritable philosophe qui transforme sa conduite et sa vie.

" Si quelqu’un se vante de comprendre et d’expliquer les écrits de Chrysippe, dis-toi que, si Chrysippe n’avait pas écrit dans un style obscur, celui-là n’aurait pas eu de quoi se vanter. Mais moi, qu’est-ce que je cherche ? A connaître la nature afin de la prendre pour guide. Je cherche donc un homme qui puisse m’expliquer la nature. J’entends dire que Chrysippe est cet homme: je vais le trouver, et je ne comprends rien à ses écrits: je cherche alors quelqu’un pour me les expliquer. Jusque-là, rien qui mérite le respect. Quand j’ai trouvé cet interprète, il me faut me conformer aux principes énoncés: c’est cela qui mérite le respect. Mais si c’est seulement l’explication de texte que j’admire, ne serais-je pas, plutôt que philosophe, devenu un grammairien qui gloserait Chrysippe au lieu d’Homère ? Il y aurait de quoi rougir si, lorsqu’on me dit: « Apprends-moi à lire Chrysippe », je n’étais pas en mesure de montrer une conduite semblable et conforme à ses écrits." Epictète, le Manuel.

Clairement la philosophie moderne a oublié cette exigence d'une vie philosophique. C'est pourquoi la gens se tournent vers l'Orient, comme je l'ai fais moi-même, pour retrouver cet idéal oublié.

En réalité, on peut découvrir aussi dans notre tradition occidentale de grands maitres capables de nous éveiller à une vie nouvelle. Relisons Epictète ou Plotin ou Spinoza par exemple.

 

jlr