Dans un article du monde, on apprend que des chercheurs ont réussi à créer artificiellement la sensation d'avoir un corps invisible, et donc de se vivre comme transparent. Ils ont constaté alors que les personnes testant ce procédé réduisent considérablement leur stress social.

Mais les chercheurs ne vont pas assez loin : ce n'est pas en cherchant à rendre notre corps invisible qu'on guérit le stress mais en réalisant que ce que nous sommes est VRAIMENT invisible.

En effet seules les choses, comme notre corps, sont visibles et nous ne sommes pas une chose. Le "sujet" est vide, transparent et sans localisation. C'est par une fausse identification au corps que nous nous croyons bien visibles et solides.

Mais les chercheurs ont raison sur un point : découvrir sa non-visibilité amène une énorme libération du stress lié au regard des autres. Quel soulagement de n'être plus une chose vue! C'est un peu comme regarder le monde de derrière une glace sans tain : vous voyez tout mais personne ne vous voit. Les autres voient votre corps, et vous prennent pour lui, mais vous vous savez avec certitude que vous n'êtes pas ce sac de peau bien visible (vouloir rendre le corps invisible est absurde et complètement artificiel)

Vous êtes NATURELLEMENT l'espace sans forme dans lequel toutes les choses apparaissent.

Goûtez donc immédiatement à l'invisibilité : voyez la transparence au-dessus de vos épaules! Voyez comme c'est vide et invisible!

 

jlr

Voici l'article du monde.

 

invisibilite

"Qui n’a pas rêvé de devenir invisible pour échapper à une situation stressante ou embarrassante ? Une série d’expériences créatives, menées par une équipe suédoise, confirme en tout cas que se sentir transparent, invisible en quelque sorte, diminue les signes d’anxiété sociale. Henrik Ehrsson et ses collègues du département de neurosciences (Karolinska Institute, Stockholm) publient les résultats de leurs travaux dans la revue Scientific Reports du 23 avril.

Illusionnistes mais avant tout neuroscientifiques, ces chercheurs du « laboratoire du cerveau, du corps et du soi » n’en sont pas à leur coup d’essai. Depuis quelques années, en recourant à différentes techniques dont la réalité virtuelle, ils ont réussi à provoquer chez leurs « cobayes » toutes sortes de sensations bizarres, les amenant à croire qu’ils étaient devenus une poupée Barbie ou un géant, qu’ils avaient échangé leur corps contre celui de quelqu’un d’autre… Ces études ont fait l’objet de publications dans des revues de premier plan.

Sensations de membres fantômes

Dans un article paru en 2013 dans le Journal of Cognitive Neuroscience, les Suédois expliquaient ainsi comment ils avaient pu créer des sensations de membre fantôme chez des individus non amputés, grâce à un système ingénieux permettant de tromper les sens. Pour cette expérience, les volontaires étaient assis à une table, et leur bras droit leur était dissimulé par un panneau. Un expérimentateur caressait la main cachée avec un pinceau et reproduisait exactement ce mouvement dans le vide, devant les yeux du participant. En moins d’une minute, la plupart d’entre eux s’appropriaient le membre invisible, le percevant à l’endroit où ils avaient vu le pinceau en mouvement.

Supposant que ce principe pouvait s’appliquer au corps tout entier, Arvid Guterstam (doctorant et premier auteur des travaux publiés dans Scientific Reports) et son équipe ont recruté 125 volontaires pour une nouvelle série d’expériences. Cette fois, ils ont été placés en position debout et équipés d’un visiocasque (casque de réalité virtuelle) connecté à une caméra. Muni de deux pinceaux, l’expérimentateur touchait simultanément une zone du corps des sujets, et un espace vide correspondant devant la caméra, comme s’il s’agissait d’une silhouette invisible. Au total, cinq points étaient stimulés : au niveau de l’abdomen, des membres supérieurs et inférieurs. Dans un groupe contrôle, la « silhouette invisible » était remplacée par un mannequin.

L’illusion a fonctionné, les participants décrivant le passage d’un corps « solide » à un corps « transparent », « vide »

Cette fois encore, l’illusion a fonctionné. Les chercheurs ont vérifié que cette manœuvre modifiait la perception corporelle, les participants décrivant le passage d’un corps « solide » (avant l’expérience) à un corps « transparent », « vide ». Restait à savoir si cette invisibilité confère quelques avantages dans la vie sociale.

Pour cette phase, une trentaine des volontaires ont été soumis à une situation d’anxiété sociale, consistant à se retrouver (virtuellement) face à un groupe d’individus inconnus.

Le niveau de stress, mesuré par questionnaire et par la fréquence cardiaque, s’est avéré significativement moins élevé chez les sujets se sentant invisibles que dans le groupe contrôle. Pour les auteurs, cette possibilité d’invisibilité corporelle pourrait être utilisée dans les premières phases de thérapies par réalité virtuelle pratiquées pour anxiété sociale. Ces résultats pourraient aussi avoir des implications dans les recherches sur les douleurs fantômes étendues (tronc et quatre membres), dont souffrent certains patients après atteinte de la moelle épinière au niveau cervical.


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