AdiShankara1

Shankara (un peu kitsch)

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Bouddha

 Sur la question de savoir si le bouddha et Shankara (advaita vedanta) délivrent le même enseignement, voici le point de vue de Swami Siddeswarananda : pour lui aucune différence.

jlr

 

 

"Le Bouddha se refuse à reconnaître quoi que ce soit qui puisse nous être présenté comme «ego» et qui aurait une valeur permanente, car la nature de tout objet et de toute présentation est essentiellement impermanente, transitoire, ce qui est incompati­ble avec la notion du Soi. La personnalité est un assemblage qui appartient au monde du changement; elle est donc périssable et elle peut être observée et analysée au même titre que tout autre objet. En fait, la discipline spirituelle la plus importante que le Bouddha nous ait proposée, consiste précisément à cultiver en nous la faculté d'objectiver notre personnalité; c'est alors qu'il nous est possible d’en éliminer le sens de l’ego.

En nous indiquant cette méthode, le Bouddha attire notre atten­tion sur le fait suivant: rien de ce qui a une existence objective ne nous appartient et nous ne devons pas plus nous identifier avec un objet quelconque du monde extérieur qu'avec ce bois mort que le paysan jette ou feu. Vous le voyez, il n'est pas question ici d'annihilation. Tous les objets, y compris les éléments de la per­sonnalité humaine, doivent être reconnus comme le Non-Soi; or, nous avons pour habitude de nous identifier avec ces objets et le bouddha nous demande de faire un effort pour nous affranchir de ces fausses identifications.

Et cependant la Conscience-Témoin reste toujours au-delà des éléments de notre personnalité ; c'est au sujet de cette Conscience-Témoin que le Bouddha a gardé le silence: agir autrement ce serait réduire à un objet le sujet transcendantal, ce qui est impossible. Voilà à quelle conclusion aboutissent également les sages des Upanishads. La Connaissance ne peut jamais tomber dans le champ du connu et, par conséquent, rien ne peut lui être attribué.

(...)

 C'est pourquoi, on a dit que « Son nom est le Silence ». Qui donc mieux que le Bouddha a mis en valeur la doctrine du Silence? Aussi les Hindous comptent-ils le Bienheureux au nombre de ces grands Etres dont le passage sur notre terre a été une bénédiction; ne nous ont-ils pas montré le chemin qui conduit à la paix et à l'harmonie; dans les ténèbres du Samsara, ils nous guident vers la Lumière...

Ceux d'entre vous qui sont familiarisés avec la littérature védi­que, ont certainement été surpris de reconnaître l'identité qu'elle présente avec les enseignements du Bouddha et de constater que de nombreuses générations d'érudits Védântins les ont si mal interprétés. N'ont-elles pas considéré l'un des plus grands enfants de l'Inde comme un hérétique qui aurait prêché un faux Evangile?

En réalité sa pensée est complètement en accord avec celle des sages les plus profonds, ceux qui ont composé les Upanishads. La discipline morale (Sila) du moine bouddhique peut aller de pair avec la Sâdhana du Védântin; le Sentier aux huit embranchements est identique à l'enquête intellectuelle du Védanda (Jnâna Vicâra). Tous deux consistent à objectiver et à éliminer les cinq gaines (Koças) de la personnalité et à reconnaître qu'elles font partie du Non-Soi. Ce que le Védantin appelle la discrimination entre Dryk (observateur) et Dryshia (observé), c'est exactement ce que nous recommande le Bouddha: le juste recueillement, la juste concentration. Tous deux tendent au même état, celui où le Sujet et l'Objet s'évanouissent en même temps. Ce que le Védantin appelle Mukti (Libération) le Bouddha le nomme Nibbâna."

Swami Siddeswarananda, 1941

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