Un lecteur du blog me pose une question:

"Bonjour M. Le Roy,

vous dites de regarder dans le vide au-dessus de mes épaules, mais je trouve ce vide angoissant. Pas toujours mais parfois. Merci"

 

Si je regarde dans la nature de mon esprit, je ne trouve rien en effet, personne. Je prends conscience d'une ouverture vide d'observateur et sans limite.

Ce vide peut être angoissant, surtout s'il est découvert par hasard, brutalement sans prévenir. Où suis-je ? Suis-je encore vivant ? Où ai-je disparu?

Mais il n'y a aucune raison de s'angoisser.

D'abord ce vide n'est pas du tout mort ; au contraire il est intensément vivant ; il est éveillé. Il est la Vie.

De plus ce vide se révèle être également plein. Cette ouverture que Douglas Harding appelait "Espace d'accueil" est en effet accueil inconditionnel pour toutes choses, si disponible, si vaste que le monde apparait en Lui. Ce rien est donc rempli du monde, au point qu'on ne peut séparer le vide et le plein, le sans-forme et les formes, le silence et les sons. Les deux sont Un en vérité, à la fois sujet et objet et ni sujet ni objet, véritable non-dualité. Il faut que le vase soit vide pour être rempli, n'est-ce pas?

En réalité, la découverte de cet espace nous délivre de beaucoup de nos angoisses, car elle nous libère de l'identification avec l'ego qui, elle, était source de peurs. Se prendre pour une chose limitée et éphémère au milieu des choses est source de beaucoup de nos stress.

Peut-être pouvez-vous abandonner le mot "vide" ou "vacuité"; ce ne sont que des mots après tout. On peut leur préférer celui de "conscience", de "source", d'"être" ou encore de "nature-de-bouddha". Choisissez le vôtre : pourquoi pas "La plénitude"?

Mais de toutes façons la découverte de sa vraie nature n'est pas non plus la fin de toutes les angoisses et de toutes les peurs ; je ne vous promets pas cela. Mais à partir de l'espace de la conscience , vous pourrez plus facilement accueillir les émotions qui se produisent, sans vous identifier à elles. Elles seront des décorations interessantes de la source, des expressions; et elles ne vous décentront plus.

amicalement

josé

 

vase-rupert

Coupe par Rupert Spira

 

 

"Trente rayons convergent vers un seul moyeu ;
C'est sur le trou du centre que dépend l'utilité de la charrette.

Nous fabriquons un récipient à partir d'une motte d'argile ;
C'est l'espace vide dans le récipient qui le rend utile.

Nous fabriquons des portes et des fenêtres pour une pièce ;
Mais ce sont ces espaces vides qui rendent la pièce habitable.

Ainsi, bien que le tangible ait ses avantages,
C'est l'intangible qui le rend utile."

Lao-Tseu