Je viens d'animer à Bruxelles un atelier de "Pleine conscience / conscience vide" avec Ilios Kotsou.

Le fil conducteur du week-end était de passer de la conscience partielle de tous les jours, à la conscience pleine, puis de réaliser la conscience vide et enfin de réaliser l'unité des deux.

Dans la conscience de tous les jours, nous sommes rarement conscients de ce qui se passe en nous ou même tout simplement du monde qui est là. Nous ne voyons le monde qu'à partir de nos besoins, désirs, intérêt, peurs, attentes etc.Notre attention est fragmentée.

Il s'agit donc dans un premier temps d'ouvrir la conscience à tout le champ perceptif (formes, sons..) et au champ de conscience intérieur (émotions , pensées, respiration); en accueillant tout ce qui arrive d'agréable, de désagréable, ou de neutre.

La conscience est pleine quand je suis conscient de tout ce qui apparait ici et maintenant, sans jugement, d'instant en instant.

Mais voir la totalité du champ visuel, ou percevoir attentivement ce qui arrive n'est que la moitié de la guérision, car il faut maintenant s'éveiller à l'absence d'observateur, c'est-à-dire à  la conscience vide.

Cela les méditations de la pleine conscience ne le font pas clairement ou explicitement. Le vide, la vacuité n'est pas directement pointé. Pourtant Jon Kabat-Zin parle du vide assez souvent dans ses livres comme ici par exemple :

"Au-delà des apparences et du temps, tout ce qui doit être atteint est déjà ici, maintenant; il n'y a pas d'amélioration possible du moi, mais seulement la connaissance de sa vraie nature, à la fois vide et pleine."

Jon Kabat-Zin évoque l'espace de la conscience, son ouverture sans centre ni périphérie; il parle de la claire conscience "qui n'a pas besoin de moi". Mais ce qui est évident dans les textes l'est peut-être moins dans les ateliers.

Ici, Ilios et moi-même avons directement pointé vers le vide de la conscience. La conscience ne peut être pleine que si elle est d'abord vide. Un vase ne peut contenir de l'eau que s'il est d'abord vide. Kabat-Zin l'écrit:

"Cette connaissance est ouverte, vide et, par conséquent, capable de contenir tout ce qui se présente."

Nous avons donc invité les participants à inverser la flèche de leur attention de 180° grâce aux exercices de Douglas Harding pour s'éveiller à l'absence d'observateur et à la vacuité de l'ouverture. Telle est la guérison ultime : voir à la fois le vide et le plein, l'absence et la présence, le non-être et l'être, l'intemporel et le temporel.

Un stage semblable sera sans doute donné cet automne à Paris avec Ilios et moi-même sur ce même thème.

jlr