La démarche de la Vision sans tête que je propose à la suite de Douglas Harding est une voie de connaissance de soi qui pointe directement vers ce que nous sommes. Elle est très proche en cela de différentes voies directes non-duelles qu’on trouve en orient comme le zen, le dzogchen, l’advaita vedanta.

Mais qui est qualifié pour une telle voie ?

A priori tout le monde.

Ne faut-il pas pacifier d’abord son esprit pour être capable de voir sa vraie nature ? Ne faut-il pas d’abord être un individu parfaitement équilibré, être normal pour passer au supranormal ? Ne faut-il pas d’abord une voie graduelle avant de faire le grand saut ?

Non.

Pour voir si vous êtes prêt pour la vision de la vacuité, il suffit d’essayer. Si vous voyez la vacuité, eh bien, vous êtes prêt pour la voir. Si vous persistez à pratiquer cette vision, c’est que vous êtes prêt à vivre dans la vacuité.

Il n’y a pas de prérequis psychologiques ; s’il fallait être parfaitement équilibré pour voir sa vraie nature, personne ne la verrait ; nous sommes tous névrosés, non ? Il se peut que certaines personnes psychologiquement très instables ne soient pas capables du minimum d’attention nécessaire  à la découverte de la source de l’attention, mais je crois que la majorité des gens  peut y accéder (puisque nous y sommes tous déjà !).

Sinon, le meilleur moyen de le savoir, c’est d’essayer et de se tourner vers le centre de soi-même.

Qu’est-ce qui empêche que vivre à partir de la vacuité-conscience devienne la normalité pour le plus grand nombre puisque c’est naturel ? Et si il s’agissait simplement d’une étape de plus dans le développement normal de la conscience ?

Mais pour que la reconnaissance de cette vacuité-conscience se produise, il faut de la pédagogie, des moyens nouveaux, et des explications qui tiennent compte à la fois des traditions anciennes et des découvertes scientifiques.

 

jlr