"Nous avons deux vies :

La véritable, qui est celle que nous avons rêvée pendant l'enfance,

Et que nous continuons à rêver, adultes, sur fond de brume ;

La fausse, qui est celle que nous vivons dans la vie partagée avec d'autres,

Qui est la pratique, l'utile,

Celle dans laquelle on finit par nous mettre dans un cercueil.

Dans l'autre il n'y a pas de cercueil, pas de mort.

Il n'y a que les illustrations de l'enfance :

De grands livres colorés, pour voir, pas pour lire ;

De grandes pages de couleurs pour s'en souvenir plus tard.

Dans l'autre nous sommes nous-mêmes,

Dans l'autre nous vivons ;

Dans celle-ci nous mourons, c'est là ce que vivre veut dire.

En ce moment, aux prises avec cette nausée, je ne vis que dans l'autre..."

 

Dactylographie de Alvaro de Campos

vu sur : François Matton

 

Nous pouvons retrouver ce monde de l'enfance , ce monde qui n'a pas d'âge, qui est toujours jeune. Ce n'était pas un rêve, et il n'a pas disparu. Comment le retrouver?

En revevant à ce qui est avant le temps, à ce qui échappe à la mort, là où vivre veut en effet dire quelque chose.

Où ?

Où trouver cette porte vers l'enfance ?

Ici, juste ici au-dessus de nos propre épaules....Chut, c'est un secret. Beau comme un album d'enfance.

jlr

 

il-pleut