Nous venons de publier aux éditions almora un nouveau livre de Jean-Yves Leloup et nous sommes très heureux que cet écrivain entre dans notre catalogue.

De Nietzsche à Maitre Eckhart

leloup

 

Jean-Yves Leloup nous propose ici deux lectures magistrales de deux géants de la culture occidentale : Nietzsche, l’athée et Maître Eckhart, le théologien-mystique. 
Il tente de remettre « à l’endroit » un texte de Nietzsche, Ecce Homo, souvent cité pour justifier tous les athéismes. Leloup montre que le Dieu en lequel Nietzsche voyait une « antithèse de la vie » n’a rien à voir avec le Dieu des Évangiles qui est au contraire une puissance de vie et de libération, une claire lumière par laquelle le monde est vu. 
L’auteur, avec Maître Eckhart, nous entraîne ensuite au-delà des contraires, au-delà même de Dieu et de tous les Absolus que nous imaginons, vers notre essentielle et silencieuse liberté… 
Ce livre délicieux et audacieux nous montre, comme le disait Pascal, que « l’athéisme est une marque de force d'esprit, mais jusqu'à un certain degré seulement ».
jlr

 

 

Extrait

 

"Affirmer « ceci » contre « cela » - à quoi bon ?

Ceci ne se transforme-t-il pas en cela ? Ceci n’est-il pas dépendant de cela ?

Ne plus définir ou affirmer ceci ou cela.

Confirmer que c’est « ainsi ».

Ainsi et sans pourquoi.

Telle pourrait être la sagesse de Maître Eckhart et de l’homme libre qu’il évoque dans ses traités et sermons.

Le chemin vers un « au-delà des contraires » conduit vers une liberté abyssale où l’homme et dieu et tous les concepts que s’y rapportent doivent faire « retour ». « Là où ils étaient avant d’exister » - dans la lumière d’avant la création (création des dieux, des pensées, des hommes et des choses dans leurs contrariétés ou leur complémentarités).

L’erreur ce n’est plus alors seulement l’oubli de la vérité contraire, mais l’oubli de son en-deçà ou de son au-delà. L’oubli du lieu d’où naissent et ou retournent toutes vérités :

Le clair silence, le calme étincelant.

Notre œuvre sur terre n’est-elle pas de dégager du « ciel » en nous (de l’esprit libre), c’est-à-dire, d’entrer en « vacance », pour nous unir au « ciel » (la liberté même) ; demeurer ainsi dans la grande vacance d’où émergent et où retournent nos milles et unes occupations…

Si nous ne dégagions du ciel en nous, comment connaîtrions-nous l’infinie liberté, la grande vacance ?

La sortie de l’occupation, l’entrée en grande vacance, telle pourrait être la très haute ascèse (exercice) à laquelle nous invite Maître Eckhart…

Nous « frotter » à sa pensée, pourrait nous rappeler l’ »étincelle » qui n’est ni d’orient, ni d’occident, mais qui demeure à l’origine de leurs logiques et de leurs feux bien différents (encore une dualité trop commode qu’il faudra laisser «en passant »)."

Jean-Yves leloup