Schopenhauer

Schopenhauer

Schopenhauer est un philosophe idéaliste, c'est-à-dire qu'il soutient la thèse que rien n'existe hors de notre esprit, que tout est en nous. Schopenhauer rend hommage à Descartes, Berkeley et kant d'avoir permis à la philosophie de penser la vérité du monde, à savoir qu'il n'est qu'une représentation.

C'est dans son maître ouvrage - chef d'oeuvre de la philosophie - Le monde comme volonté et comme représentation que Schopenhauer défend cette thèse. Vous pouvez trouver le livre en PDF ici.

Dire que le monde est ma représentation, c'est dire que TOUT EST DANS LA CONSCIENCE.

« Le monde est ma représentation » — voilà une proposition, semblable aux axiomes d'Euclide, que tout le monde doit admettre dès qu'il l'a comprise cependant ce n'est pas une de ces vérités qu'il suffit d'entendre pour l'admettre. — Faire comprendre cette proposition, y rattacher la question des rapports de l'idéal et du réel, c'est-à-dire du monde pensé au monde qui est en dehors de la pensée, ç’a été, avec le problème de la liberté morale, l'œuvre caractéristique de la philosophie moderne. Après des siècles de recherches dans le domaine de la philosophie objective, on découvrit pour la première fois que parmi tant de choses, qui rendent le monde si énigmatique et si digne de méditations, la plus importante à coup sûr est ce simple fait quelle qu'en soit la grandeur et la masse, son existence cependant est suspendue à un fil très mince, j'entends la conscience, où il nous est chaque fois donné."

Le monde comme volonté et comme représentation

 

Tout le monde avec son cortège d'objets de toutes sortes existe donc uniquement dans ma tête dit Schopenhauer :

"L’espace n’existe que dans ma tête"

Le monde comme volonté et comme représentation

 

Si on pouvait donc rentrer dans une tête, on y verrait le monde :

 

« Deux choses étaient devant moi, deux corps pesants, de formes régulières, beaux à voir. L’un était un vase de jaspe avec une bordure et des anses d’or ; l’autre, un corps organisé, un homme. Après les avoir longtemps admirés du dehors, je priai le génie qui m’accompagnait de me laisser pénétrer dans leur intérieur. Il me le permit, et dans le vase je ne trouvai rien, si ce n’est la pression de la pesanteur et je ne sais quelle obscure tendance réciproque entre ses parties que j’ai entendu désigner sous le nom de cohésion et d’affinité ; mais quand je pénétrai dans l’autre objet, quelle surprise, et comment raconter ce que je vis ? Les contes de fées et les fables n’ont rien de plus incroyable. Au sein de cet objet ou plutôt dans la partie, supérieure appelée la tête, et qui, vue du dehors, semblait un objet comme tous les autres, circonscrit dans l’espace, pesant, etc., je trouvai quoi ? le monde lui-même, avec l’immensité, de l’espace, dans lequel le Tout est contenu, et. l’immensité, du temps, dans lequel là Tout se meut, et avec la prodigieuse variété des choses qui remplissent l’espace, et le temps, et, ce qui est presque insensé à dire, je m’y aperçus moi-même allant et venant…

« Oui, voilà ce que je découvris dans cet objet à peine aussi gros qu’un gros fruit, et que le bourreau peut faire tomber d’un seul coup, de manière à plonger du même coup dans la nuit le monde qui y est renfermé. Et ce monde n’existerait plus, si cette sorte d’objets ne pullulait sans cesse, pareils à des champignons, pour recevoir le monde prêt à sombrer dans le néant, et se renvoyer entre eux, comme un ballon, cette grande image identique en tous, dont ils expriment cette identité par le mot d’objet… »

 

Ces deux derniers extraits de Schopenhauer sont cités dans Un bouddhiste contemporain en Allemagne - Arthur Schopenhauer, P. Challement-Lacour (1870)