Dans la vision duelle, il y a un observateur et une chose observée .  Je (moi, l’individu) vois cette table à distance ; elle est un objet, une chose observée.

Mais dans l’attention pure, cette dualité disparait, et surgit alors une pure vision, une pure audition, sans dualité d'un sujet (qui voit) et d'un objet (vu).

jlr

Voici quelques citations de Jean Klein qui pointent vers cette vision non-duelle :

Extraits de Être, approches de la non-dualité, chez Almora

 

 

etre

« Question : Vous nous parlez souvent d’observation non duelle. Je ne saisis peut-être pas ce que vous entendez par là.

Jean Klein : Il nous arrive très souvent de regarder quelque chose avec beaucoup d’acuité. Lorsque nous en sommes conscients, notre attention s’éveille, elle devient pure, non duelle, quand elle quitte son caractère fonctionnel, préhensif, et intègre alors sa nature profonde qui est une ouverture réceptive. Tout ce qui est vu, entendu, vécu dans sa potentialité est dans le regard, dans l’écoute. Si cette ouverture est maintenue elle devient conscience et se reporte sur elle-même, elle se réfère à elle-même.

Nous ne connaissons le plus souvent qu’une attention préhensive. Seuls l’artiste, le poète, ont le don de regarder dans cette attente et de laisser parler l’objet. Une distanciation se fait dans ce cas entre la vision et lui, et pour finir elle se dévoile dans l’observation. 

 Question :Il me semble que cette vision non-duelle s’apparente à la foi. Est-ce la foi dans l’être, dans l’existence du soi ?

Jean Klein : Tout dépend de la façon dont nous interprétons le mot foi. Ce n’est ni une croyance, ni un système adopté comme le comprennent les mystiques, ni une religion, c’est une certitude absolue. N’étant pas le résultat d’un raisonnement, elle ne laisse aucun doute. Vous êtes dans un immense espace vierge, sans objet. Vous ne dirigez pas, et vous sentez que vous faites partie de cette immensité sans représentation d’aucune sorte.

C’est ainsi du reste que nous pouvons voir d’une façon créative. On s’approche ensuite des choses avec une grande pudeur : les fleurs, les oiseaux, les montagnes, la verdure, ils sont dans cette étendue, dans la lumière. »

 (déjà posté en 2014)