Qu’est-ce que le corps ?

 

Nous limitons le corps à un objet limité et visible : ce corps de chair dans lequel nous nous imaginons enfermés, comme un prisonnier dans une bastille.

Mais en réalité, le corps est bien plus vaste que ce à quoi nous le limitons ; il est aussi grand que le monde en vérité.

On peut s’en rendre compte en fermant les yeux. Si je ferme les yeux en effet, le corps se dissout en un ensemble de sensations changeantes. Je perds alors toutes limites ; impossible de trouver ici une bastille dans laquelle je serai coincé. Je ne peux trouver dans l’expérience de l’instant présent la moindre forme.

Au contraire, le corps devient conscience et la conscience se révèle sans limite et sans forme. Si on prête attention aux sensations, si on écoute vraiment le corps, alors on s’éveille à un espace-corps-conscience de plénitude et de liberté.

Et si j’ouvre les yeux, je découvre que mon vrai corps est le monde : un corps-monde-conscience. Impossible de trouver une dualité entre un extérieur et un intérieur, entre une conscience et un corps, impossible de trouver une limite à mon être. Nous ne sommes pas dans le corps, c'est le corps qui est en nous.

Vivre ainsi son vrai corps n’est pas se désincarner, c’est au contraire vivre pleinement et complètement la vie même des sensations et de l’espace-corps-conscience.

S’identifier à un morceau de chair seulement, c’est se couper de la vérité de son expérience, et se couper aussi des énergies formidables de notre vraie corps-conscience qui ne demandent qu’à se réveiller en nous. Le corps qui était solide comme de la glace devient fluide comme l'eau, vaste comme l'espace.

 

jlr