11 octobre 2012

LES QUATRE ERREURS

Pourquoi semble-t-il si difficile à certaines personnes, même très cultivées et intelligentes, de voir leur vraie nature? Sogyal Rinpoche propose quatre explications. C'est trop proche, trop profond, trop simple et trop prodigieux.

jlr

 

 

"Pourquoi trouvons-nous si difficile de seulement concevoir la profondeur et la splendeur de la nature de l'esprit ? Pourquoi cette idée semble-t-elle à beaucoup si étrangère et invraisemblable ? Les enseignements font référence à quatre erreurs qui nous empêchent de réaliser immédiatement la nature de l'esprit :


1. La nature de l'esprit est simplement trop proche de nous pour que nous puissions la reconnaître ; de même que nous ne pouvons voir notre propre visage, il est difficile pour l'esprit de voir sa propre nature.


2. Elle est trop profonde pour que nous puissions la concevoir. Nous n'avons aucune idée de sa profondeur. Si c'était le cas, nous l'aurions déjà, dans une certaine mesure, réalisée.


3. Elle est trop simple pour que nous y croyions ; en réalité, la seule chose à faire est de demeurer dans la pure conscience de la nature de l'esprit, nue et toujours présente.


4. Elle est trop prodigieuse pour que notre esprit puisse l'accueillir ; son immensité même est si vaste que notre mode de pensée étroit ne peut la contenir. Nous ne pouvons simplement pas y croire, pas plus que nous ne pouvons imaginer que l'éveil est la véritable nature de notre esprit."

Sogyal Rinpoche

Posté par josleroy à 10:33 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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Commentaires sur LES QUATRE ERREURS

    Je vais m'aventurer à donner une autre explication un peu moins "funny" :

    Il est très facile, pour beaucoup, d'imposer à un esprit neuf ce qui les empêche eux-mêmes d'accéder à leur vraie nature. Ne voulant pas croire en l'amour, ils ne souhaitent pas non plus que d'autres y croient et y soient.

    Si la liberté de conscience devrait nous protéger de ces agissements, elle ne le fait malheureusement bien souvent qu'en théorie. Mais à mon sens, c'est très bien comme cela. Ces intrusions permettent à l'esprit neuf de séparer le bon grain de l'ivraie.

    Posté par ?, 11 octobre 2012 à 11:27 | | Répondre
  • Bonjour José,

    C'est une belle formulation. A ma connaissance, "les quatre erreurs au sujet du Réel qui se libèrent d'elles-mêmes" (dngos gzhi skyon bzhi rang sar grol) remontent à Khyoungpo Neldjor (1050 - 1135/1140), le fondateur de l'école Shangpa Kagyu, qui eut également une formation Bön (d'où peut-être la notion d'autolibération). On trouve cette idée dans la Mahamudra du reliquaire (http://hridayartha.blogspot.fr/2011/06/mahamudra-de-khyoungpo-neldyor.html). Le précédent Kalou Rinpoché citait souvent ces quatre erreurs.

    Joy

    Posté par joy, 11 octobre 2012 à 11:42 | | Répondre
  • http://hridayartha.blogspot.fr/2011/06/mahamudra-de-khyoungpo-neldyor.html

    L'url sans l'")" à la fin

    Posté par Duc, 11 octobre 2012 à 11:44 | | Répondre
  • Ce qui est le plus difficile en effet c'est la confiance.
    Même réalisée, facile d'accès (le geste pigé et intégré) avec la vie de fadas que nous vivons il est assez difficile de ne pas perdre la confiance.

    Et comme je le répète (outre nos propres démons) c'est bien l'entourage qui nous force à l'identification.

    D'où l'intérêt du site de Jose qui nous rappelle constament au retour.

    Sans jamais conceptualiser.

    Posté par Duc, 11 octobre 2012 à 12:06 | | Répondre
  • "Elle est trop simple pour que nous y croyions ; en réalité, la seule chose à faire est de demeurer dans la pure conscience de la nature de l'esprit, nue et toujours présente"

    et pourtant... je constate chaque jour que beaucoup y "croit" sans vraiment voir cette nature de l'esprit et de toute chose... ils se maintiennent dans les attachements, du plus grossier au plus subtil, source de toutes les distorsions de réalité, et s'en vantent à tire l'arigot, plutot que 'voir' que c'est là et encore, sans être jamais arrivé, l'invitation à actualiser la 'vue' jusqu'à cessation... des renaissances !

    Posté par Ozara, 11 octobre 2012 à 12:47 | | Répondre
  • Merci Joy pour ta traduction:
    "Il s'agit ensuite de se débarrasser des quatre défauts au sujet du Réel (S. tattva)
    N'étant jamais séparé du corps spirituel (S. dharmakāya)
    Il n'est cependant pas reconnu, car trop proche
    Sa manifestation spontanée étant trop profonde, elle n'est pas comprise
    Ne le croyant pas, car trop facile, on n'arrive pas à rester sans distraction
    Trop bon, on n'arrive pas à le sonder et incapable de le déterminer on se perd dans l'Errance[1b]"

    Posté par jose, 11 octobre 2012 à 12:48 | | Répondre
  • oui, on peut dire comme pour chaque mot, qu'il y a croire et croire...
    il s'agit plus je pense, d'un 'voir-ressenti', fruit d'une prise de conscience subite (mais qui si elle ne s'actualise pas n'impregnera pas l'ensemble du corps-mental ) ou tout autant d'une plus progressive mais profonde compréhension, plutot que d'une simple croyance intellectuelle...

    Posté par Ozara, 11 octobre 2012 à 13:43 | | Répondre
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