28 septembre 2012

Regardez, regardez, regardez sans cesse!

Maitre Chan Chih-ta, Chine 8 eme siècle. Traduit par Bernard Faure

"L'inlocalisé consiste en votre esprit. L'espace vide de toute entité a pour nom "réceptacle" et c'est en lui que résident le principe vital et la conscience. Regardez clairement et, après maturation, vous verrez. C'est là votre nature foncière pure.

(. . .) Faire en sorte que l'esprit inlocalisé regarde l'inlocalisé, voilà ce qu'on nomme un "dharma inconditionné"  Voir sans voir, telle est la vraie vision absolue.

L'inlocalisé, c'est le fait que tout esprit soit absent. (. . .)

Cet 'inlocalisé' constitue l'éveil du Buddha, la base de la pratique de tous les Bodhisattva, ainsi que le lieu où demeure votre nature-de-Dharma'. C'est en le regardant que vous parviendrez à voir.

"Regarder ne constitue pas un attachement à la Vacuité : c'est plutôt en ne regardant pas que l'on fait preuve d'un tel attachement. (...) Lorsqu'on regarde le 'localisé' , il y a attachement à l'existence, pas lorsqu'on regarde l'inlocalisé. Faire en sorte que le 'sans-pensée' regarde l'inlocalisé, voilà ce qu'on nomme un 'dharma inconditionné'. C'est ne pas s'attacher à l'inlocalisé."

"Le 'sans-pensée' regarde sans rien saisir ni rejeter, et, de ce fait, sa vision consiste à 'voir sans voir'. Tel est ce qu'on nomme la 'vraie vision absolue'. C'est parce qu'elle est vision vraie que l'on peut parvenir à voir le 'caractère réel'. Lorsque votre esprit regarde l'inlocalisé, c'est l'esprit du Tathàgata. Comme il ne s'attache à rien, on le nomme 'Ainsité'. Lorsque vous ne regardez pas, l'esprit d'Ainsité disparaît. Lorsque vous regardez sans cesse, il se manifeste. C'est pourquoi on le nomme 'Ainsi- venu' (Tathàgata).

L'esprit de tous les êtres relève de la 'matrice de Tathâgata. (. . .)
L'esprit relève de l'inlocalisé. Regardez de tout votre être, et regardez encore!
Regardez, regardez, regardez sans cesse! Tel est ce qu'on nomme la 'sagesse sansécoulement"

le-reveur

 

 

Posté par josleroy à 22:25 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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Commentaires sur Regardez, regardez, regardez sans cesse!

    Balèze

    ce que tu nous as déniché là José !
    Puissant !

    Posté par Duc, 28 septembre 2012 à 23:41 | | Répondre
  • en accord avec Duc, oui là c'est du direct, vrai sans détour!pratique, praticable à pratiquer comme disait "Douglas Harding"!o)

    Posté par vincent, 29 septembre 2012 à 08:21 | | Répondre
  • attachement à la Vacuité

    Il répond à une question fréquente au sujet de la VST (Fabien je crois et plusieurs autres) :

    "Regarder ne constitue pas un attachement à la Vacuité : c'est plutôt en ne regardant pas que l'on fait preuve d'un tel attachement."

    Posté par Duc, 29 septembre 2012 à 08:50 | | Répondre
  • assurément

    un texte décapant, et même "décapitant"...

    Claire vision, inlocalisée,
    Sagesse sans écoulement

    et quelle illustration, parlante de simplicité !

    Posté par Ozara, 29 septembre 2012 à 12:38 | | Répondre
  • @duc

    Oui Duc! Et alors? Regardez la vacuité n'enlève rien a nos attachements! Ils s'agit de prendre en compte les parts de nous qui réclament et/ou qui résistent afin de pouvoir se couler dans le long et profond fleuve tranquille du ici et maintenant et encore pas comme un but à atteindre mais au fur et à mesure, concomittament .

    Posté par Fabien Meyer, 29 septembre 2012 à 13:18 | | Répondre
  • @ Fabien

    "Regardez la vacuité n'enlève rien a nos attachements!"

    Je crois que le point crucial où tu te fourvoies Fabien, c’est que tu différencie 'LA Vacuité' et 'toute (chaque)chose'…

    Il ne s’agit pas de regarder Une vacuité qui serait autre ou ailleurs que toute chose, mais justement de « voir », par les principes de totale interdépendance et d’impermanence, que toute (chaque) chose est au fond ‘hanté’ de Vacuité (et d’existence)… ET les choses, ce sont également « mes » apparents fonctionnements, conditionnements etc…

    C’est ainsi qu’à la place d’un travail sur "soi" (un refus au fond de ‘ce qui semble apparaître dans l’instant) dont le risque majeur est de renforcer l’idée d’un ‘soi’, d’un ‘moi’ ou d’un ‘toi ‘ et par compensation l’idée d’un ‘je suis’ extremiste (réifié)», il s’agit plutot de "regarder la Vacance" de toute chose, sans non plus en faire (de cette Vacuité) une réalité propre, ce qui peut-être la dernière tentation…

    Alors les attachements deviennent naturellement non-attachements… pourquoi ? parce qu’il est vu, c’est-à-dire « compris-ressenti », dans une actualisation du temps (l’instant), intuitivement, sensitivement ET intellectuellement (totalité du corps-esprit) que tout ce que nous prenions pour ‘vrai en soi’ est en réalité un tel entrelac de ‘causes et d’effets’ qu’elle en perd au fond toute « Cause » personnelle ou impersonnelle…

    Toute chose se vide d’une réalité propre, autonome et n’apparaît plus qu’en tant qu’apparance, pure existence et … pure energie ! c’est un apaisement du fonctionnement quasi-continuel d’attraction-répulsion qui est le plus grand perturbateur (gaspilleur) d’energie, et l'energie n'est ni moi, ni autre que moi

    Posté par Ozara, 29 septembre 2012 à 16:22 | | Répondre
  • @Ozara

    Qui se fourvoie?
    Mdr Ozara, je bois un verre à ta santé!

    Posté par Fabien Meyer, 29 septembre 2012 à 20:25 | | Répondre
  • Fabien,

    "qui se fourvoie ?"

    et bien celui qui se CROIT (ou croit l'autre) "coincé" par des parts de lui-même qui réclament ou qui résistent, car il ne "voit" pas qu'elles n'ont aucune réalité propre...

    Mon message précédent est assez clair pour celui qui peut lire honnetement plutot que de faire son jeu de rôle théatral, rien à ajouter donc...

    Posté par Ozara, 29 septembre 2012 à 21:11 | | Répondre
  • yes Ozara
    "lire honnetement plutot que de faire son jeu de rôle théatral, rien à ajouter donc..."
    oui les mots pointent, après on peut toujours triturer les mots où tout simplement regarder ". Cette interdépendance, cette production conditionnée est "trans-percé", transparente, sans faire encore de cette vacuité, cet espace naturel "une chose en soi", sans reposer sur quoi ou qui que ce soit "qui serait un substrat en soi!

    Posté par vincent, 30 septembre 2012 à 10:38 | | Répondre
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