Une face sans nuque
J'ai lu ce texte dans le livre de Claude Addas, Ibn'Arabi, la quête du soufre rouge, chez Gallimard:
Ibn Arabi décrit son expérience spirituelle comme étant la découverte qu'il n'a pas de dos, pas de nuque, et qu'il voit dans les quatre directions. Il est devenu un oeil, une sphère voyante.
« Si Ibn 'ArabI avait eu à choisir un nom symbolique pour la ville de Fès, il l'eût sans doute appelée Nûr, Lumière; car, pour la seconde fois, il accède là à cette Demeure déjà décrite où il « devient lumière»; mais, en cette occasion, la métamorphose intérieure qu'opère cette vision béatifique s'accompagne d'un charisme sensible : à l'instar du Prophète, qui déclarait voir derrière son dos, Ibn 'Arabi devient un « visage-sans-nuque » (wajh bi lâ qâfâ), un œil total, capable de saisir toutes les directions de l'espace.
Ibn ' Arabi évoque à deux reprises dans les Futûhât, et de manière très détaillée, ce phénomène : « Sache, écrit-il dans le long chapitre 69, que le Prophète est tout entier visage sans nuque ; il a en effet déclaré : "Je vous vois derrière mon dos" (...] Lorsque j’ai hérité de lui cette station, et qu'elle fut mienne, j'étais en train de diriger la prière, à la mosquée al-Azhar à Fès. Lorsque je fus au mihrâb, mon essence tout entière devint un seul œil ; je voyais par tous mes côtés tout comme je voyais ma qibla. Nul n'échappait à mon regard, pas plus celui qui entrait que celai sortait, pas même ceux qui accomplissaient la prière derrière moi… » Le deuxième récit, qui figure dans le chapitre 206, apporte des précisions complémentaires : «J'obtins cette station [de Lumière] en 593 à Fès, lors de la prière du 'asr, alors que je dirigeai la prière à la mosquée al-Azhar, elle m'apparut telle une lumière, presque plus visible que ce qui était devant moi. En outre, quand je vis cette lumière, le statut de la direction "derrière" (hukm al-khalf) cessa pour moi ; je n'avais plus ni dos ni nuque, et lors de cette vision, je ne faisais plus aucune distinction entre mes différents j'étais comme une sphère, je ne me savais plus aucun côté. »
La vision de l'oeil total est une vision dans les quatre directions. Je vois en effet devant moi, je vois sur les cotés, mais aussi vers derrière.
La vision en arrière ne consiste pas à voir le mur derrière moi, mais à voir l'absence de dos, à voir l'absence, la grande lumière transparente.
jlr
Commentaires sur Une face sans nuque
- Merci Vincent de ces références. Où as-tu trouver le texte de Lewis?

Le texte de JY Le loup peut se lire ici:
http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2012/04/02/23919620.html - idéalementon aurait aimé une explication car il est vrai que là comme souvent on se prend un copié collé (ou un texte) dans la tronche sans savoir quel est le message...

Allez Vincent un petit effort explique nous ce que tu veux faire passer comme message. Il y a bien une intention ?
Pour revenir son mon expérience (que j'ai appellé "sortie du corps" puisque je voyais mon corps...) j'étais comme dans le texte un oeil.
C'est ainsi que j'ai décrit le truc tout de suite après. Pas de sensation de membres, pas de corps juste une boule transparente regardant.
En y repensant (ainsi qu'à un autre évènement du même genre) il y avait un calme objectif, serein.
C'est probablement de ce silence dont on parle en Orient.
C'est pas un silence de réflexion puisque je pouvais réfléchir à la situation mais un calme non concerné, pas impliqué et ceci à un niveau presque palpable, dense.
Une densité de calme en quelque sorte... - Doncc'est aussi pour cela que la VST me parle.

Car elle pointe clairement ce qui s'est révélé ce jour là (dans un contexte très spécial il faut le dire et dans deux cas il s'agissait de cas de frayeur).
Ce que signifie pour moi cette expérience c'est que l'âme existe.
Ensuite ce que j'ignore c'est si elle peut survivre à la mort du corps et du cerveau.
Mais ce qui est certain c'est que quelque chose de Moi était toujours là. Plus subtilement, moins identifié et concerné par mon moi quotidien mais il subsistait une identité conscience d'elle même.
C'est donc celà que nous devons étudier. Quand on y réfléchit il se peut très bien que la conscience individualle puisqu'elle existe puisse subsister. Subsister ne signifie pas forcément éternellement.
Il pourrait très bien exister un temps de dissolution du psychisme ou mieux encore un processus de création.
Que savons nous de la conscience ? Dire que la conscience est unique c'est comme dire que le monde phénoménal est unique. Ils peuvent être unique dans une grande unicité.
Bref il nous faut , je pense, avant de déblattérer des dogmes, prendre le temps d'enquêter. Ecouter les témoignages. - erreur" Ils peuvent être unique dans une grande unicité"

Comprendre :
"Multiples dans une grande unicité
ou
Uniques dans une grande multiplicité."
Car il semble bien que l'individualité soit la volonté manifestée.
De quelle volonté s'agit il ?
On ne peut rendre les hommes reponsables car tous les organismes biologiques sont dans la dualité.
Sans dualité ===> pas de vie biologique.
Mais pas de monde minéral non plus.
Pas de monde manifesté.









- John Wren Lewis :
"Moreover that wonderful “eternal life of everywhere” was still there, right behind my eyes—or more accurately, at the back of my head—continually recreating my whole personal body-mind consciousness afresh, instant by instant, now! and now! and now! That’s no mere metaphor for a vague sensation; it was so palpably real that I put my hand up to probe the back of my skull, half wondering if the doctors had sawn part of it away to open my head to infinity."
- JY Leloup : 'Un autre regard est possible, il ne part pas des yeux ou du front, mais de derrière les yeux, de derrière la tête, depuis ce qu’on pourrait appeler « l’œil de la nuque », c’est davantage un regard « coupe » qui accueille, il ne vise rien, il acquiesce à ce qui est sans chercher à le définir, ou à l’objectiver, il ne voit pas des « choses », mais un champ d’énergie ou de lumière dans lequel des lignes, des formes, des densités apparaissent…"