J'aime beaucoup ces phrases de Jean Klein dans le livre que Nita a écrit sur son père.

"Vivez sciemment, pleinement dans cette absence.

C’est la présence, non votre présence, simplement la présence."

Dans l'absence du "moi", dans l'absence de l'observateur, la présence apparait.

Dans le vide du moi, l'Ouvert se déploie comme pure conscience, pure présence.

Il suffit de se plonger dans cette présence, dans le JE SUIS, non pas JE SUIS QUELQU'UN mais juste JE SUIS.

Et alors comme un saumon remonte à sa source, nous retrouvons la Présence.

Cette Présence n'a pas de nom,

pas de prénom

pas de nationalité

pas de sexe

pas de religion

pas de limite

pas de centre

pas de périphérie

pas d'âge

Elle n'est pas le moi que nous croyons être.

Elle est beaucoup plus vaste, infiniment plus vaste.

 

jlr

 

jeanklein

 

 

"Nita — Oui, mais alors qui suis-je ?

 

Jean — Restez avec la question. Vous n’êtes rien d’autre que la question, vous n’étiez rien avant votre naissance, vous n’êtes rien actuellement, et ne serez rien après votre mort. Vivez sciemment, pleinement dans cette absence. C’est la présence, non votre présence, simplement la présence.

La réponse est en vous, elle surgira un jour du silence, non de ce que vous connaissez déjà. Bien sûr, la personne se sent en très grande insécurité pendant cette recherche, car dans : je ne sais pas ,ou dans une attente sans volition, elle trouve sa mort mais, en même temps, sa vraie naissance.

Tout ce qui apparaît se rapporte à ce silence et doit se déployer complètement sans mémoire psychologique.

L’action en découle directement, sans évaluation, comparaison, et chaque situation apporte elle même son mouvement.

Dans cette dimension, c’est notre centre qui commande ou plutôt ce qui n’a ni centre ni périphérie. La joie de vivre, la vie, toutes les apparitions, toutes les représentations en sont des expressions et font partie de notre vrai nous-même. Elles en proviennent pour s’y perdre à nouveau. Aucune attention ne se manifeste dans cette pause, c’est une suffisance absolue, totale en soi, tandis que si nous objectivons, si nous représentons, nous formons constamment des projets ; l’insécurité nous oppresse, nous nous sentons isolés, inquiets.

Sachez vivre avec vos questions."

Extrait de A l'écoute de Jean Klein , par Nita Klein,

Edition ALmora

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