Perdre la tête, trouver le coeur
Un lecteur du blog me demande :
"J'ai encore un questionnement important.
J'ai lu dans un article sur la vision sans tête, que le véritable éveil c'est la vision accompagnée de la compassion qui descend dans le coeur, et que cela est important.
Cette compassion vient t-elle toute seule avec la pratique de la vacuité?
Le coeur s'ouvre t-il davantage avec la pratique?
Est-ce que la compassion est en partie un processus mental (le bien, le mal) ?
Car il est vrai parfois je peux être irrité par les propos ou l'attitude de certaines personnes même en voyant la vacuité. Si tout est moi, comme cela évolue t-il?
Malgré que la vision soit toujours la même, y a t-il un processus naturel?
Ce n'est pas très clair pour moi.
Pouvez-vous m'éclairer, et peut-être d'autres personnes par la même occasion, en publiant la réponse sur votre site?
Merci beaucoup"
Douglas Harding insistait beaucoup sur ce point. Perdre sa tête, c'est trouver son coeur. C'est essentiel car la compassion est la vacuité vécue.
La compassion surgit toute seule comme un fruit de la vacuité, parce qu'en sortant des liens de l'ego et de la dualité, je découvre que tout est moi. Je ne peux cultiver la compassion à volonté; je n'ai pas de pouvoir sur mes sentiments. Ce que je peux faire en revanche, c'est voir la vacuité, vivre à partir de l'espace. Et alors, naturellement, l'amour grandira.
Le coeur s'ouvre de plus en plus oui, toujours plus, et cette ouverture n'a pas de limites. Il n'y a pas de limites à l'amour. La vision ne change jamais ; ce qui change, c'est le coeur.
Voir sa vraie nature ne signifie pas devenir un saint ; nous n'allons pas imméditament incarner l'amour absolu. En effet, des irritations, des jalousies, bref l'égoïsme continue parfois d'apparaitre. Mais nous voyons désormais ces mécanismes, et nous n'en sommes plus dupes.
Nous avons trouvé le terrain à partir duquel l'amour inconditionnel peut fleurir.
Mais il ne faut pas chercher ces fruits; il ne faut pas les attendre.
Voir est parfait ici et maintenant. Et d'ailleurs, disparaitre dans l'instant est la compassion ultime. Quand je vois que je n'ai pas de visage ici, j'accueille complètement celui de l'autre. Douglas disait que la vision était un amour courtois. Quelle grande courtoisie, en effet, que celle de disparaitre en faveur de l'autre? Car alors il n'y a plus d'autre mais l'accueil.
jlr
Voir ici l'article de Gérard Nannini sur l'amour : http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2011/12/18/22991824.html
et voici quelques textes bouddhistes sur la compassin et la vacuité.
Celui qui cherche la vacuité sans la compassion
Ne découvrira pas la voie sublime.
Celui qui médite seulement sur la compassion
Ne se libérera pas du samsara.
Celui qui parvient à les unir
Ne restera ni dans le samsara ni dans le nirvana.
Saraha
"La source de tous phénomènes du samsara et du nirvana.
C'est la nature de l'esprit, vide et lumineuse,
Omniprésente et vaste comme le ciel.
Quand tu es dans cet état vaste comme le ciel,
Détends-toi dans cette dimension ouverte ; tiens-toi dans cette ouverture même,
Fonds-toi dans cet état semblable au ciel :
Tu t'y détendras de plus en plus, naturellement
-Excellent !
Si tu deviens accompli
Dans cette manière d'intégrer l'esprit à la vue,
Ta réalisation deviendra de plus en plus vaste.
Et, comme le soleil qui brille librement à travers l'espace,
Ta compassion ne manquera pas de rayonner sur tous les êtres. "
Khyentsé Rinpoché (L'esprit du Tibet, Mathieu Ricard)
Commentaires sur Perdre la tête, trouver le coeur
- Bonjour José, bonjour à tous,

Je peux me tromper, bien entendu (et je ne demande qu'à m'entretenir avec vous), mais je pense que votre réponse n'est guère convaincante. En effet, si ce qu'il y a au-dessus des épaules est bien capacité d'accueil ET source de tout, alors, il suffit de regarder le monde pour se convaincre que la vacuité n'est ni bonne, ni mauvaise : elle est la source de l'altruisme, certes, mais aussi de la souffrance et de la haine . Ainsi, cette source de tout a donné naissance aux catastrophes naturelles, aux maladies, aux meurtres, aux génocides, etc...
Par ailleurs, nombreux sont les "éveillés" qui ont expliqué, qu'une fois l'éveil atteint, tuer un homme ne posait plus problème. Ramana, lui-même, voyait les choses de cette manière. Les maîtres du zen que vous citez, comme D.T. Suzuki, étaient loin d'être des pacifistes (cf. le livre de Brian Victoria).
En effet, à partir du moment où l'on considère que tout est un, et que l'espace d'accueil est la source de tout, pourquoi se gêner ? Pourquoi, par exemple, combattre les microbes qui ont infecté le corps, mais s'abstenir de tuer un homme qui dérange ? (cf. aussi les questions posées par un des lecteurs du blog, dans le post "Pourquoi tout cela ?")
Le non-dualisme, tel qu'enseigné par Douglas Harding, ne permet pas, selon moi, de construire une éthique cohérente. Cela ne m'empêche de penser que D. Harding était, sans doute, un chouette gars !
A bientôt,
Caroline - En effet, CarolineNous sommes en droit de nous demander si, en étant tout, nous ne pouvons pas être tenté de faire tout et n'importe quoi, de n'en faire qu'à notre tête.

Ceci dit, si tout est ce que je suis, tuer quelqu'un ne signifie-t-il pas se tuer soi-même ?
A mon sens, quand nous sentons que tout est Un, nous ne pouvons qu'avoir un sentiment d'amour pour ce qui est, nous ne pouvons qu'avoir un sentiment d'unité. Ce sentiment d'unité ne signifie pas qu'il faille ne plus se soigner et qu'il faille justifier les tragédies.
Il s'agit comme le dit Jiddu Krishnamurti de ni condamner (de dire que telle chose est mal) ni de justifier (de dire que telle chose est bien). Il s'agit d'accepter ce qui Est, cet Un qui est au-delà du bien et du mal. - @ ?Bonjour,

Tout d'abord, un grand merci pour votre réponse.
Vous écrivez ceci :"Ceci dit, si tout est ce que je suis, tuer quelqu'un ne signifie-t-il pas se tuer soi-même ? " Dans ce cas, tuer un microbe, n'est-ce pas aussi se tuer soi-même ?
Si vous pensez que tout est un, alors, le premier paragraphe de mon premier se trouve encore renforcé : "si ce qu'il y a au-dessus des épaules est bien capacité d'accueil ET source de tout, alors, il suffit de regarder le monde pour se convaincre que la vacuité n'est ni bonne, ni mauvaise : elle est la source de l'altruisme, certes, mais aussi de la souffrance et de la haine . Ainsi, cette source de tout a donné naissance aux catastrophes naturelles, aux maladies, aux meurtres, aux génocides, etc... "
Si, comme vous le dites, "il s'agit [...] de ni condamner (de dire que telle chose est mal) ni de justifier (de dire que telle chose est bien)" et qu'" Il s'agit d'accepter ce qui Est, cet Un qui est au-delà du bien et du mal", alors, il s'agit d'accepter aussi bien l'usage (ou le non-usage) des antibiotiques que celui des armes...
Qu'en dites-vous ?
Amicalement,
Caroline - Je me lanceJe considère, pour ma part, que l'homme doit expérimenter sa liberté.

La vie (ou la conscience) se voulant toujours elle-même, s'aimant elle-même, nous cherchons, en tant que vivants, à toujours à être heureux et, dans la mesure du possible, à perdurer. (quand je dis nous, il s'agit plus de ce que nous sommes fondamentalement (la conscience) que l'image mentale que nous nous faisons de nous-mêmes).
Ainsi lorsque nous nous brûlons ou que nous nous blessons (lorsque la vie est mise à mal), nous ne cherchons pas particulièrement, par la suite, à reproduire ce genre d'expériences.
Ceci dit, il apparaît, que, depuis des temps immémoriaux, nous faisons l'usage d'armes. Nous faisons également aujourd'hui usage d'antibiotiques qui se révèlent parfois néfastes. Mais ces outils sont-ils fondamentalement mauvais ? Sont-ils forcément "contre" la vie ?
D'un côté non, car ils ont été créés pour mieux nous nourrir et mieux nous soigner. Ces outils étaient donc au service de la vie. Vous pourriez alors me rétorquer : "Où est la conscience d'unité lorsqu'on tue un animal ?". A mon avis, si nous avons, aujourd'hui, complètement perdu cette conscience d'unité, tel n'était certainement pas le cas de nos ancêtres. Ainsi, ils n’abattaient pas les animaux avec froideur et cynisme. La chasse était un rituel et ils respectaient certainement bien plus les animaux qu'ils tuaient que ceux que nous tuons à la chaîne aujourd'hui.
D'un autre côté oui, car leur usage a pu être détourné. Les armes qui n'étaient tournées que contre les animaux ont pu se retourner et se retournent encore contre d'autres hommes. Les antibiotiques peuvent aussi, aujourd'hui, être utilisées à des fins purement mercantiles ou destructrices. Qu'est ce qui a pu faire, à un moment donné, que la vie puisse se retourner contre elle-même ?
Lorsqu'une bougie nous brûle, nous ne pouvons pas en vouloir à la bougie alors on accepte la réalité et on retient la leçon. Par contre lorsque c'est un autre homme qui nous brûle, comme, logiquement, il ne devrait pas brûler (ce n'est pas dans sa nature, contrairement à la bougie), nous voulons nous en débarrasser. Plutôt que d'essayer de comprendre ce qu'il a à nous dire en nous brûlant (il a sans doute d'ailleurs essayer de nous le dire avant de nous brûler), nous lui jetons l’anathème. "Hors d'ici!". Forts de nos positions et des vérités que l'on croit posséder, nous n'acceptons pas les divergences, nous ne voulons pas entendre ce que dit l'autre.
En fait, le retournement a lieu lorsque l'on croit détenir la vérité. En ce sens, les problèmes résident avant tout dans le mental. Tant que nous ne comprendrons pas le fonctionnement du mental qui aime les choses arrêtées et fixes, nous trouverons toujours un moyen de retourner les choses contre la vie qui est perpétuel mouvement. Lorsque nous comprendrons que c'est le mental qui nous fait souffrir nous pourrons utiliser tout un tas d'objets sereinement. A ce propos, ce qui compte ce n'est pas exactement ce que l'on fait mais l'état d'esprit avec lequel on le fait.
Bien à vous - eveil et coeurbonjour Caroline,

Je vois ma vraie nature mais cela n'empêche pas le cancer des enfants, les massacres en Syrie, les tremblements de terre...
Mais la question d'origine n'était pas celle là : elle portant sur le lien entre éveil et coeur;
Ah cela je reponds que l'éveil ouvre le coeur de l'Un.
Un homme qui voit sa vraie nature ne cultive plus la haine car la haine est l'expression de la dualité. On ne peut etre nazi et voir sa vraie nature.
jlr - Bonjour José,

Merci pour votre réponse !
Vous écrivez : "Je vois ma vraie nature mais cela n'empêche pas le cancer des enfants, les massacres en Syrie, les tremblements de terre... "
Donc, l'Un (la Vacuité, cet espace d'accueil au-dessus de mes épaules) produit bien le cancer des enfants, les massacres en Syrie, les tremblements de terre !!!
Vous parlez, à la fin de votre message, de la haine. Seulement voilà, si l'on postule comme Harding que "ce que je suis vraiment" est la source de tout, alors la haine vient également de l'Un, comme l'amour. Le nazisme aussi...
Si l'espace au-dessus des épaules est la source de tout, pourquoi se soigner d'une parasitose, par exemple ? Pourquoi ne pas le faire ? Pourquoi se nourrir ? Pourquoi ne pas le faire ? Pourquoi être pacifiste ? Pourquoi ne pas l'être ?
La VST ne peut pas répondre à ces questions de manière cohérente. Par ailleurs, certains auteurs que vous citez, et qui d'après vous ont vu leur vraie nature, ont propagés des idées crapuleuses (Gurdjieff, D.T. Suzuki, entre autres).
Bien à vous,
Caroline - Caroline

si je puis me permettre, je crois que vous mélangez beaucoup de questions différentes; j'en repère au moins trois
la question du sens de la vie,
la question du mal,
la question du comportement des éveillés;
cela fait beaucoup !
Le post était sur la dernière; et sur ce point, les exemples que vous donnez de Suzuki ou autres ne sont pas du tout un contre argument car j'ai bien précisé que l'amour était un processus. J'ai dit aussi que l'éveil ne vous transforme pas en saint, mais c'est le terrain sur lequel l'amour fleurit.
Faites l'expérience de la VST et on verra comment cela vous transforme.Voilà ce qui serait cohérent.
cordialement
josé - Des questions complémentairesBonjour José,

Contrairement à vous, je pense que toutes ces questions sont liées et qu'un système cohérent donne, à ces dernières, des réponses qui vont dans le même sens ! Or, c'est ce que ne fait pas la VST.
D'après moi, l'exemple de D.T. Suzuki contredit bien entendu tout ce que vous avancez, car c'est justement au nom d'une théorie ET d'une expérience semblables aux vôtres que cet homme donne une légitimité à la guerre. J'aurais pu prendre d'autres maîtres zen ou des tricksters du vajrayana qui ont un comportement immoral et justifient ce dernier au nom de leur expérience, de leur folle sagesse. Dans son ouvrage intitulé « Sexualités bouddhiques », Bernard Faure cite, par exemple, le cas d'un moine coréen contemporain qui sodomise des poulets (sic!!!) au nom de son éveil et de la vacuité ; les histoires réelles ou légendaires de « sages » tibétains, contemporains ou morts depuis plusieurs siècles, sont également limpides : ces sages, "parfaitement éveillés", adoptent des attitudes scandaleuses, immorales et cautionnent ces attitudes à partir des mêmes affirmations que les vôtres (i.e. vision claire de qui nous sommes vraiment, discours sur la vacuité et sur l'origine du monde, etc.)
Plus fondamentalement, l'expérience de la vacuité, l'extase mystique, la vision de ce que nous sommes vraiment ne nous obligent pas à être bons. D'après moi, on peut vivre à partir de cet espace d'accueil et se comporter en brute ! Quand l'autre n'existe plus (comme vous le dites dans votre billet du 10 janvier 2012, intitulé « Pourquoi tout cela »), toutes les dérives sont possibles, et la haine n'est pas nécessaire pour que celles-ci surviennent !
Aussi, puisque d'après la VST, ce que nous sommes vraiment est la source de tout, pourquoi tuer un parasite qui infecte notre corps et pas un homme ? Ou dans une version différente : pourquoi n'aurais-je pas le même amour pour le parasite qui infecte un corps et pour un être humain ?
Pour terminer, êtes-vous d'accord avec ce que j'écrivais dans mon autre commentaire ?
Voici, pour rappel...
« Donc, l'Un (la Vacuité, cet espace d'accueil au-dessus de mes épaules) produit bien le cancer des enfants, les massacres en Syrie, les tremblements de terre !!! [...]Vous parlez, à la fin de votre message, de la haine. Seulement voilà, si l'on postule comme Harding que "ce que je suis vraiment" est la source de tout, alors la haine vient également de l'Un, comme l'amour. Le nazisme aussi... »
Cordialement,
Caroline - Mal naturel et mal mentalOn ne peut pas mettre sur le même plan le "mal" "naturel" (les microbes, les catastrophes, etc.) et le "mal" "humain".

En effet, le premier est ce qu'il est et nous ne pouvons rien y faire (oui la bougie brûle, le microbe tue (en même temps c'est le principe)).
Le deuxième, lui, est mental. Il est de l'ordre d'une mauvaise représentation de ce qui est. Les souffrances, les meurtres, le nazisme, les obscénités assennées aux poulets, etc. sont liées à ces mauvaises représentations. Ils sont liées à l'ignorance de ce que nous sommes fondamentalement. - Cher José,

J'ai deux questions pour vous :
1) Puisque ce que nous sommes vraiment est la source de tout, alors ce que nous sommes vraiment produit-il bien les meurtres, les maladies, les catastrophes, la haine, la violence ?
2) Pouvez-vous me donner des noms de personnes actuelles ou disparues qui ont l'expérience complète du chemin spirituel ?
Amitiés,
Caroline - Bonsoir caroline !

Je ne connais que, théoriquement, ce qui tourne, autour, de l'éveil (je suis athée, matérialiste) ... mais, aux deux questions ... on répondrait, sans doute ...
À la première : que les meurtres, les maladies, les catastrophes, la haine, ... la violence ... ne sont que des sous-produits de l'identification de ce que nous serions en essence ... c-a-d : la Conscience (considérée comme la seule réalité) ... En prenant conscience d'elle-même ... la Conscience formerait l'égo, le moi-je ... c'est ce moi-là, qui est dans l'ignorance de sa "vraie nature" et qui, coupé de Lui-même, se perd ... dans l'espace-temps ...
À la deuxième question, je proproserais prajnadpad et nisargadatta maharaj ... (les deux, d'un point de vue éthique ...) et rabbi isaak (le kabbaliste (pocket)) ... (ce dernier n'est, peut-être, qu'un personnage de fiction ... lol) ...
Et puis, aussi, par exemple, denise desjardins, qui, elle, est, toujours, vivante ! - 'o ciock !Bonjour caroline !

J'ai pas la berlue ... t'as réussi à envoyer ta réponse à la mienne, avant, que, je ne l'ai envoyé ... y'a, sûrement, une explication !? Lol
Pour moi, athée et matérialiste, la nature de l'univers, c'est la matière ... ou encore ... l'impermanence, l'interdépendance (de fait : la matière dans ses différents états, interdépendants entre eux (de fait)) ... et le fait, que, rien n'a d'existence, propre ...) ... ou encore ... le conditionnement ... (tout étant conditionné) ... ces approches me semblent mieux expliquer les maux du monde ...
Pour moi, on ne peut sortir du conditionnement ... mais, on peut se retirer du jeu du conditionnement (le jeu mondain) ... et aller, vers, un moindre conditionnement ... un conditionnement minimum ... (une vie plus simple, en contact direct avec les autres et l'environnement ... par exemple) ... hè ! - @CarolineL'Eveil est l'inséparabilité de la Sagesse et de la Compassion, c'est-à-dire de la Connaissance et de l'Amour de Soi (La Réalité telle qu'elle est).

En voyant que nous sommes tout ce qui est, il ne peut y avoir que de la Compassion pour tous les êtres que nous sommes et qui se prennent pour des individus séparés.
Le non-Eveil est l'inséparabilité de l'ignorance et du manque de Compassion.
1) Bien sûr, tout procède de la nature de l'Esprit, le bien comme le mal,l'amour comme la haine, mais l'Eveil, c'est la cessation de l'ignorance, donc l'éclosion et l'épanouissement de la Sagesse et de l'Amour véritables.
2)Je pense que Bouddha avait l'expérience complète, mais Jésus, Ramakrishna, Ananda Mayi, Ramana Maharshi et tant d'autres étaient certainement très éveillés.
Aujourd'hui, Amritananda mayi, Le Dalaï Lama, et beaucoup d'autres maîtres sont certainement hautement réalisés, mais l'illumination totale est chose assez rare dans notre monde.
Cela dit, ce qui importe ce n'est pas de savoir qui est éveillé ou pas, mais de savoir qui est celui qui veut le savoir...
Bien à vous et à tous - La sourcen'est pas à mon sens ce qui génère tout ce qui apparait-disparait, mais EST ce courant d'apparition en continuum... Cette Apparence est la Totalité d'une interdépendance de causes insaisissable à l'entendement, voilà pourquoi il n'est ni bien ni mal en essence ni en substance, sauf si un voile vient opacifier la claire Apparence par une réification de la réalité (un arrêt 'sur' ou 'pour'), ce qui bien entendu ne sera au fond ni bien ni mal...

J'aime bien cette histoire que Lao Tseu racontait, je viens juste de l'écrire sur mon blog car elle est un peu longue pour un post ici..
http://lettre-a-l-etre.over-blog.com/article-du-bien-et-du-mal-qui-peut-dire-97366752.html
peut-être certains la connaissent déjà, c'est en tout cas pour moi toujours une joie de la relire. - Vajrayāna"Le Vajrayāna s’inscrit dans le cadre bouddhique et philosophique du Mahāyāna et nécessite une bonne compréhension de la compassion et de la vacuité (shunyata). Dans le Mahāyāna, les pratiquants, en plus du vœu de la libération individuelle, font celui d’aider autrui sur le chemin de l’Éveil. C’est le vœu de bodhicitta, l'Esprit d'Éveil. Cet engagement fondamental est indispensable pour accéder au Vajrayāna. De plus, il convient de réaliser la bodhicitta absolue de la double vacuité du « soi » et des phénomènes extérieurs. La « Vacuité » n’est nullement synonyme de néant. Il s’agit de la réalité absolue de tous les phénomènes : n’existant qu’en interdépendance, ils sont dépourvus d’existence indépendante, leur apparence n’est qu’une réalité relative. Cette dernière réalité, appelée vérité conventionnelle est un piège pour l’ignorant qui prend ce qu'il perçoit pour l’unique vérité, le plongeant dans une illusion qui engendre la souffrance. Pour autant, les réalités absolues et relative des phénomènes sont indissociables. La philosophie de la vacuité n’est ni nihiliste, puisqu’elle admet la vérité relative des phénomènes, ni éternaliste puisque, selon elle, les phénomènes étant par nature interdépendants, ils sont impermanents. Cette vision débouche sur une sagesse infinie qui, alliée à la compassion sans référence, sont les prémices indispensables à la compréhension du tantrisme."

- Le bien et le malC'est une sorte de dogme de vouloir accepter le mal.

Si on se base sur notre intuition première (celles de tous les êtres chiens inclus et plantes inclues) le mal c'est le mal.
Je ne vois pas très bien l'intérêt de redéfinir ce qui est si profondément inscrit dans notre coeur à nous tous êtres vivants.
Il faut donc avoir l'esprit très tortueux pour voir le bien dans le mal.
Effectivement l'exercice est intéressant.
La relativité et tout ça.
Mais le mal restera toujours le mal.
Quand quelque chose souffre c'est tout le monde qui souffre.
Faut pas devenir pervers avec ces histoires de non dualité. - Il faut choisirentre deux approches :

1)Soit nous n'avons aucun libre arbitre et nous n'existons pas ==> tout se déroule tout seul. Selon moi ca ne tient pas la route. C'est hyper religieux comme approche.
2)Soit nous sommes dans l'interdépendance et nous n'existons que par rapport au reste. Mais nous existons. Le relatif n'est pas nié dans le texte de wikipedia que j'ai mis + haut. Nous existons donc. Mais de manière interdépendante. Sans le reste je n'existe pas relativement. Donc j'ai un petit pouvoir relatif de ne pas faire le mal ou le moins possible.
La première option déresponsabilise et est un non sens. Car si nous sommes le Tout. Pourquoi voudrions nous faire souffir nous même ?
Ca serait de la perversité, du masochisme. - Bonjour DucIl ne s'agit en fait pas d'accepter ni de cautionner le mal...

Conventionnellement, pour que la vie en société soit possible, il y a des codes sociaux et moraux qui sont établis et qui, s'ils sont entravés, sont punissables... comme des parents mettent des limites à leurs enfants car l'humanité est encore un peu infantile...
Mais à un moment donné, nous ne sommes plus dupes qu'au fond, il n'y a ni bien ni mal, comme dans l'histoire, "qui peut savoir" ?? l'esprit est silence, sa compulsion à juger de ci et de là s'apaise, mais les lois s'appliquent, dans leur pure Apparence...
et bon, si les lois se transforment en carcan pour la société, ça pousse naturellement au contre-pouvoir n'est-ce pas, et si ça arrive, c'est bien que ça doit se passer ainsi,
mais la vraie révolution est celle de notre Vision sensitive, elle est pur agir et non-agir dans sa totale Globalité... - On voit bienOzara que tu es dans le pur mental.

C'est de l'abstraction pure ce que tu dis.
Lorsqu'on écartèle une personne (comme au moyen age) elle souffre, elle ne fait pas semblant. Ce n'est pas une vue de l'esprit la souffrance.
On voit bien le danger que représente l'abstraction mentale. On ne peut pas relativiser la souffrance.
Juste avec le mental quand on n'est pas concerné.
La compassion c'est de ne plus avoir besoin de souffrir soir même pour comprendre parfaitement la légitimité de la plainte d'autrui.
Savoir que s'il dit j'ai mal c'est que c'est vrai.
Un nourrisson on essaye pas de relativiser ses cris. On sait que ses cris ceulent dire qu'il souffre probablement. Alors on appelle le médecin. - mais je ne dis pasque la personne ne souffre pas... la souffrance existe c'est un fait, et l'homme éclairé n'a pas de penchant pour la produire...

voilà la différence infinitésimale et pourtant immense entre celui qui interprète et celui qui "voit" les faits, tels quels...
Tu comprendras bien que ceux qui ont écartelés et torturés l'ont fait le plus souvent dans une conviction du 'bien' et non celui du 'mal'... si tu vois où je veux en venir...








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Chaleureusement
Frédéric