Léo Schaya (1916-1985) est un traditionnaliste qui a poursuivi l'oeuvre de Guénon et de Schuon. Il est l'auteur de remarquables ouvrages comme La naissance à l'esprit, La création en Dieu, L'homme et l'absolu selon la kabbale, La doctrine soufique de l'unité.

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Bibliographie :
- L'Homme et l'absolu selon la Kabbale, Paris, Buchet-Chastel, Corrêa, 1958 ; rééd. Paris, Dervy, « Histoire et tradition », 1977 ; 1998.
- La Doctrine soufique de l'unité, Paris, Librairie d'Amérique et d'Orient, 1962 ; 2e éd. revue et corrigée, Paris, Maisonneuve, 1981.
- La Création en Dieu. À la lumière du judaïsme, du christianisme et de l'islam, Paris, Dervy, « Mystique et religions », 1983.
- Naissance à l'Esprit, Paris, Dervy, « Mystique et religions », 1987.

Voici un extrait de Naissance à l'esprit, où il nous parle de la contemplation du Néant :

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"Nous venons de voir que la « contemplation du Néant » est, en soi, Non-Contemplation, Non-Connaissance, Non-Être. Il ne s'agit donc pas d'un acte de connaissance, d'une vision spirituelle et encore moins d'une méditation discursive, mais de l'état où l'on est « uni par le meilleur de soi-même à Celui qui échappe à toute connaissance » : c'est l'unité même de notre Soi pur et suprême avec le Principe suprême et surintelligible. Ce n'est pas l'union ou l'unité ontologique d'un sujet et d'un objet de con­naissance, mais l'Identité absolue du sujet et de l'objet de la « con­templation du Néant » ; ou, plus précisément, il n'y a ici ni sujet qui contemple, ni objet contemplé : il n'y a que le divin « Néant », dont la contemplation est elle-même « Néant », le « Néant » qui est l'Absolu. C'est l'Essence « suressentielle », suron­tologique et incognoscible de toute connaissance et contemplation ; c'est la Réalité infinie et inconditionnée, dans laquelle toute affir­mation et toute négation, tout ce qui est et tout ce qui n'est pas, se trouvent dépassés.

Ici, l'homme n'est plus un être humain, ni quoi que ce soit d'intelligible : il est transformé en sa propre Essence surhumaine et surintelligible, en ce divin Sur-Etre qui repose en Lui-même, sans aucune extériorisation, émanation, révé­lation ou manifestation. Ici, c'est d'éternité en éternité, qu'« Il a pris la Ténèbre pour retraite » (Ps., XVIII, 12), une Ténèbre qui est l'Essence plus que lumineuse de toute lumière. "

Naissance à l'esprit