Nous publions chez Almora ce mois ci un nouveau livre de Taikan Jyoji qui dirige le centre zen de la Falaise verte en Ardèche:

Un jour, une vie, les non-pensées d'un maitre zen

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Il s'agit du journal de Taikan Jyoji, témoignage d'une vie ancrée dans la pratique du zen : souvenirs d'enfance et de jeunesse, récits des années de formation au Japon, haïkus, journées au centre zen...

Extraits :

"21 septembre 2008 Exhortation de fin de sesshin
Régulièrement on me demande pourquoi je ne prodigue pas d'enseignement. Mon rôle n'est pas de donner d'enseigne­ment. Les enseignements, on les trouve dans les livres. Savoir avec sa tête ce qu'est l'illumination, savoir avec sa tête ce qu'est l'éveil, ne nous amènera ni à l'illumination ni à l'éveil. Mon enseignement consiste à être assis là, sur le coussin de médita­tion. On pense que plus on en sait sur le Zen ou sur le Boudd­hisme, plus on aura la paix du cœur, la réalisation. Mais, en fait, ce n'est pas parce que plus on en sait, plus on arrivera à la sagesse. La pensée ne peut pas aller là ou se trouve la non-pen­sée. Faire zazen, c'est aller vers la non-pensée. Les pensées ne pourront jamais savoir ce qu'est la non-pensée. Donc, c'est en pratiquant qu'on arrive à cet état de non-pensée et mon ensei­gnement à moi c'est d'être assis sur ce coussin et d'agir comme une locomotive qui tire les wagons.

5 janvier 2009
Il arrive que des personnes me demandent :
Comment reconnaître un vrai maître d'un faux maître ? '
Réponse : Celui qui vous dit être un vrai maître n'est pas un vrai maître, celui qui vous dit être un faux maître n'est pas un faux maître. Mais ne vous fiez pas à ce dernier !
Conclusion : Soyez votre propre maître !

11 janvier 2009
Avez-vous remarqué le vol d'un papillon autour d'un bud-dleia, appelé justement « arbres aux papillons », comment il voltige, se pose sur une fleur, s'envole, revient sur la même fleur, puis s'en va à nouveau. Pendant zazen, les pensées font la même chose. On est concentré, puis tout d'un coup on com­mence à penser à quelque chose, puis on revient sur le point de concentration, puis on repense à autre chose, puis on se repose à nouveau sur sa respiration, bref on volette tout le temps. Pourtant, atteindre l'état de samâdhi que j'évoquais pendant rohatsu demande une grande résolution de se fixer et non de voleter. Parfois même, alors qu'il est posé sur une fleur et qu'il butine, ses ailes continuent à frétiller, comme s'il butinait mais pensait en même temps à aller voir ailleurs. J'y vois là la même attitude que les êtres humains. Us font quelque chose mais penser à autre chose. Moi aussi d'ailleurs."

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