Je regardais mercredi dernier les livres à La FNAC de l'avenue des Ternes à Paris, et un ouvrage a attiré mon attention par son titre : Sens et Beauté de Philippe Mac Leod.Ed; Ad Solem

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Je ne connaissais pas l'auteur ; j'ai ouvert les pages au hasard et  ces lignes m'ont touché :

"Tout le visage n'est que lumière. Tourné vers la lumière, lui-même se présente comme une large trouée d'azur, un abîme de clarté, un grand ciel dans notre chair. Au faîte du corps, il amorce sa transforma­tion, il dit ce pour quoi nous sommes faits, où l'échelle de la vie nous conduit Grand ouvert, en lui l'homme s'évase."

Et en effet, c'est exactement cela : le visage est une ouverture dans laquelle la lumière du monde jaillit. J'ai tourné d'autres pages et la poésie d'éveil de ce livre m'a paru magnifique.

"La paix qui émane du paysage te touche à ce point parce qu'elle éveille en toi un lieu similaire, un lieu qui l'accueille et la comprend, un lieu qui lui répond. Sa douceur, son harmonie secrète, sa grâce singulière, ne font que susciter d'intimes correspondances. Si tu parviens à rejoindre ce lieu profond, à en situer le che­min - ce lieu caché, ce lieu qui n'en est plus un, qui donne forme plus qu'il ne contient -, où que tu ailles, quoi qu'il arrive, toujours cette paix sera là. Par quel miracle, par quelle mystérieuse alchimie, deman­des-tu ? Regarde, regarde encore, contemple la paix en sa beauté, jusqu'à ce qu'elle se dessine en toi, s'y imprime, jusqu'à ce que tu comprennes qu'elle est la forme même de ton âme."

Et plus loin encore :

"Renouer avec la vérité de notre chair : le salut com­mence par cette illumination, cette ouverture à l'in­fini et à l'universalité de la vie que nous incarnons. Le Verbe s'est fait chair afin de permettre à toute chair de délivrer le sens qu'elle contient; l'esprit qu'elle recèle, la présence invisible qui la sous-tend Nous sommes éveillés, mais la plupart du temps sans présence, alors que notre seule chance de contact avec Dieu tient à cette attention qui passe par une conscience vive de l'instant, une perception qui se prolonge quand on l'affûte. Dieu, dit-on, a mis l'infini entre lui et sa créature. Mais pour la créature qui devient cet infini, plus rien ne la sépare de Dieu."

Et encore ici :

"Une pénétration de la vie par l'esprit, telle est l'at­tention au réel, aiguë, intense, illuminant le relief de chaque instant. Une observation libre, dégagée, béante et lumineuse. Une vigilance sans objectif. Une tension sans focalisation. Une conscience transparente et flot­tante des choses, au-delà du cercle étroit dans lequel nous évoluons quotidiennement Nous tenons au monde par les pieds et par les mains, comme par les griffes du savoir et de l'intelligence pratique. Nous y adhérons plus intimement par la force du regard, par l'acuité de notre présence, dans un échange qui nous grandit."

Toutes les pages contiennent des trésors et appellent à  faire naitre l'éveil de l'infini en soi.

jlr

Voir aussi ces pages sur l'attention

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