Ce texte de Sogyal Rinpoche exprime très clairement la vérité de la nature de l'esprit et cite Dudjom Rinpoche.
jlr

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Dudjom Rinpoche, Jigdral Yeshe Dorje (1904-1987)

"A quoi ressemble la nature de l'esprit ? Imaginez un ciel, vide, spacieux, et pur depuis l'origine : telle est son essence. Imaginez un soleil, lumineux, sans voile et spontanément présent : telle est sa nature. Imaginez que ce soleil brille impartialement sur tout être et toute chose, rayonnant dans toutes les directions : telle est son énergie, manifestation de la compassion. Rien ne peut l'entraver, et elle pénètre toute chose.

Où réside précisément notre nature de bouddha ? Elle demeure dans la nature semblable au ciel de notre esprit. Totalement ouverte, libre et sans limites, elle est fondamentalement si simple que rien ne peut la compliquer, si naturelle qu'elle ne peut être corrompue ni souillée, si pure qu'elle est au-delà du concept même de pureté et d'impureté.
Comparer cette nature de l'esprit au ciel n'est, bien entendu, qu'une métaphore pour nous aider à imaginer son caractère illimité et universel ; la nature de bouddha possède en effet une qualité que n'a pas le ciel, celle de la clarté radieuse de la conscience pure.
Il est dit : « Elle est simplement notre conscience claire, parfaite, de l'instant présent, cognitive et vide, nue et éveillée. »

Qu'est-ce que la Vue ? Ce n'est ni plus ni moins que voir les choses telles qu'elles sont ; savoir que la nature véritable de l'esprit est la nature véritable de toute chose et réaliser que la nature véritable de notre esprit est la vérité absolue.
Dudjom Rinpoché disait : « La Vue est l'intelligence de la conscience claire nue au sein de laquelle tout est contenu : perceptions sensorielles et existence phénoménale, samsara et nirvana. Cette conscience claire a deux aspects : la vacuité en est l'aspect absolu, et les apparences ou les perceptions, l'aspect relatif. »

Les enseignements bouddhistes dans leur ensemble sont décrits en termes de « Base, Chemin et Fruit ».
La Base du Dzogchen est cet état fondamental, primordial - notre nature absolue, qui est déjà parfaite et toujours présente.
« Ne la cherchez pas à l'extérieur de vous, dit Patrul Rinpoché ; ne croyez pas, non plus, que vous ne la possédiez pas déjà et qu'elle doive naître maintenant dans votre esprit. »
Du point de vue de la Base, de l'absolu, notre nature est donc identique à celle des bouddhas. Il n’est pas question à ce niveau - « pas même l'épaisseur d'un cheveu », disent les maîtres - d'enseignement à suivre ou de pratique à faire."

Extraits tirés du Livre tibétain de la vie et de la mort - Éditions Livre de Poche