J'ai donc assisté à un séminaire de trois jours avec Ganteng Rinpoche consacré au fameux texte de Dudjom consacré à la retraite dans la montagne: le richos.

ganteng

Gangten un homme très simple et plein d'humour qui a trouvé des paroles très concrètes pour parler de l'essence même du dzogchen, à savoir la vue.

C'est surtout dans la deuxième partie du texte de Dudjom qu'il est question de Rigpa que le traducteur a traduit par présence-connaissance, puisque ce mot est la traduction tibétaine du mot sanskrit Vidyâ : connaissance.

Je retiens ceci de ces trois jours: le plus important est d'avoir une reconnaissance de la vue de Ripa. Il s'agit d'en faire l'expérience directe et non pas seulement intellectuelle. L'état de Rigpa est simple et pourtant contient en lui toutes les sagesses. L'expérience de Rigpa est ineffable car elle est non-dualiste; elle se situe hors de la saisie dualiste d'un sujet d'appréhension et d'une réalité appréhendée (sanskrit : grahakah/gryah).

Rigpa est une présence infinie; elle n'est pas localisable. C'est une ouverture infinie; c'est totalement ouvert. Rigpa est un état pur; c'est une pureté première d'où tous les phénomènes du nirvana et du samsara jaillissent. Rigpa est une expérience d'ouverture; c'est le fait de ne plus sentir de limites.

Que Rigpa soit vu ou non ne fait aucune difference d'un point de vue absolu, car Ripa est toujours présent et pur. La meilleure métaphore est celle de l'espace. Rigpa est vide mais ce n'est pas un néant car elle s'autoconnait; son essence est vide et sa nature est claire lumière. Son énergie est compassion absolue puisqu'elle engendre tous les phénomènes.

Mais voir Rigpa est le début du chemin a précisé Ganten; ensuite il faut pratiquer la vue, c'est-à-dire entretenir le flot de la présence. Dans cette voie du dzogchen, tout se ramène à rigpa. Qu'on soit assis, allongé, qu'on marche ou qu'on parle, la pratique consiste à ne jamais perdre de vue la Vue. Voilà Treckchö.

Ganten est aussi un peu entré dans le détail de la technique, notamment en ce qui concerne les pensées.

Pour cela, il faut comprendre comment se dégager des pensées qui surgissent. Les pensées ne sont pas un problème; il faut les regarder comme un vieillard observe les jeux des enfants. Il ne faut ni refouler les pensées, ni les cultiver. Mais tout simplement revenir à la vue.

josé