07 juin 2010

Suzuki : dernier ecrits au bord du vide

Un nouveau livre de Suzuki vient d'être publié en français.

suzuki_dernier_ecrits_au__bord_du_vide

Il s'agit d'un recueil d'articles écrits dans les dix dernières années de sa vie,  précédé d'une belle préface du traducteur, Philippe Moulinet.
Suzuki est un auteur important et ses écrits sont toujours intéressants. Cet ouvrage présente des textes divers comme le montre le sommaire : "Qu'est-ce que le satori?"; "Zen et ipséité", "Eckhart et le bouddhisme zen", "illumination graduelle et illumination subite"., etc.

Voici quelques citations de Suzuki extraites de l'ouvrage :

"C'est quelque chose de très simple en effet et de tellement basique que lorsque c'est compris, tout le reste aussi est saisi complètement"

"La réponse est au coeur même de la question que vous posez. Ne tentez pas d'obtenir une réponse de quiconque en questionnant. Ne comptez pas obtenir ce qui ne vous appartient pas. Ce qui vous fait vous poser la question prouve que la réponse est en vous. Le trésor que vous convoitez n'est pas dehors, il est en vous."

"Descartes, le père de la philosophie moderne déclara : cogito ergo sum. Mais il faut renverser la proposition. Sum vient en premier. En affirmant "je suis", je pense ce que je dis. Je sépare "je" de "non-je". Lorsque je dis "je suis", je sors de moi-même. "Je suis" est le point de départ, mais nous nous exilons pour aller dans le cogito, dans le "je pense". C'est une chose difficile à saisir, car aucun processus d'intellection ne nous aidera à résoudre le problème."

"Tant que nous utilisons l'intellect, cet intellect ne peut répondre aux questions qu'il soulève. L'intellect nous fait poser toutes ces questions sans pouvoir y répondre, et ainsi se suicide. Mais nous ne voyons jamais cela."

"La soudaineté signifie , en termes d'espace, faire un saut au-dessus du vide."

"Aussi devons-nous faire expérience d'un saut instantané pour obtenir l'illumination subite. Sauter en termes d'espace c'est faire le saut et, en termes de temps, c'est ne pas le faire."

"Nous devons sauter du fini à l'infini et alors nous saurons qui nous sommes. Vous pouvez comprendre cela, mais si vous y pensez, vous tombez dans la confusion. Nous passons tous par' là. Tous les maitres aussi."

Ci-dessous un article d'Alan Watts consacré à Suzuki.

Bouddhisme Zen : Daisetsu Teitaro Suzuki, l'intellectuel non mental.

Par Alan Watts / La République des Lettres, mercredi 13 janvier 2010.

Je n'ai jamais eu, dans la vie spirituelle, de maître officiel (gourou ou roshi) -- seulement un modèle, dont je n'ai pas vraiment suivi l'exemple, puisqu'une personne sensible n'aime pas qu'on la singe. Ce modèle fut Suzuki Daisetsu, le personnage à la fois le plus subtil et le plus simple que j'aie jamais connu. J'étais à mon aise dans l'ambiance intellectuelle et spirituelle qu'il créait autour de lui, quoique je ne l'ai jamais connu intimement et que je sois moi-même d'un tempérament tout à fait autre. C'est Suzuki qui me fit connaître le Zen lorsque, adolescent, je lus pour la première fois ses Essais sur le Bouddhisme zen. Les années suivantes je lus avec plaisir et émerveillement tout ce qu'il avait écrit. Car ses propos surprenaient toujours, et ses conclusions portaient toujours en elles l'amorce d'autre chose. Il délaissait les ornières profondes de la pensée philosophique et religieuse. Il parlait à bâtons rompus, il ouvrait des parenthèses, il laissait entrevoir, il vous abandonnait au milieu d'une phrase, il vous étonnait par sa science (qui était énorme) et pourtant il vous charmait par la manière légère et sans prétention dont il se servait de son érudition. C'est ainsi que dans ce charmant fouillis, dans ce dédale, qu'est son oeuvre, j'ai découvert la voie vers un Jardin des Contraires Réconciliés.
Il démontrait pourquoi le Zen est à la fois prodigieusement difficile et parfaitement simple, pourquoi il est à la fois hermétique et évident, pourquoi l'infini, l'éternel, est précisément la même chose que votre nez à cet instant, pourquoi la morale est en même temps essentielle à la vie spirituelle et sans rapport avec elle, et pourquoi Jiriki (la voie de l'effort personnel) arrive finalement au même point que Tariki (la voie de l'éveil par la foi pure). L'astuce, pour qui cherchait à suivre Suzuki, consistait à ne jamais "rester sur place" comme si vous aviez enfin compris son argument et que vous vous sentiez sur une base solide -- car l'instant d'après il vous faisait voir que vous n'aviez rien compris du tout.
Suzuki se situait aussi hors de la routine commune en ce que, sans faire étalage d'excentricité, il n'affectait pas la "personnalité zen" coutumière que l'on rencontre chez les moines japonais. Quiconque, lui rendant visite pour la première fois, s'attendait à trouver un vieux monsieur aux yeux étincelants, assis dans une pièce nue du genre shibui, et prêt à vous entraîner dans un échange de réparties, eût été vraiment fort étonné. Car Suzuki, avec ses sourcils merveilleux, ressemblait davantage à un intellectuel taoïste chinois -- une espèce de Lao-Tseu lettré -- qui aurait le don, comme tous les bons taoïstes, de ce qu'il faut bien nommer l'humour métaphysique. De temps à autre ses yeux brillaient, comme s'il venait de percevoir la Plaisanterie ultime, et comme si, par compassion pour ceux qui l'auraient manquée, il se retenait de rire tout haut.
Il vivait dans la partie aménagée à la mode occidentale de sa maison de Kamakura, complètement entouré de piles de livres et de monceaux de papier. Ce désordre d'intellectuel s'étendait sur plusieurs pièces. Dans chacune d'elles il écrivait un livre différent, ou bien un chapitre différent d'un même livre. Il pouvait ainsi se déplacer de pièce en pièce sans avoir à ranger son matériau de référence chaque fois qu'il se sentait d'humeur à travailler sur un projet plutôt que sur un autre; mais mademoiselle Okamura, son admirable secrétaire (qui était en réalité une aspara envoyée du Paradis de l'Ouest pour s'occuper de lui pendant sa vieillesse) avait malgré tout l'air de toujours connaître l'endroit où se trouvait toute chose.
Suzuki parlait lentement, sans hâte, d'une voix douce, en un excellent anglais qui avait léger accent accent japonais, très agréable à nos oreilles. Pendant la conversation, il s'expliquait presque toujours à l'aide d'une plume et de papier, dessinant des diagrammes pour illustrer son argument et des idéogrammes chinois pour identifier ses termes. Quoique faisant preuve d'une patience infinie, il avait le don de dégonfler les arguments boursouflés ou le pédantisme académique, sans pour autant froisser. Je me souviens d'une conférence où quelqu'un lui demanda: "Dr Suzuki, lorsque vous utilisez le mot 'réalité', cherchez-vous par là à désigner la réalité relative du monde physique, ou la réalité absolue du monde transcendant ?" Il ferma les yeux et prit cette attitude caractéristique que certains étudiants appelaient "faire un Suzuki" et où l'on ne pouvait déceler s'il dormait ou s'il méditait. Après une minute de silence environ, mais qui parût plus longue, il ouvrit les yeux et répondit: "Oui".
Lors d'une classe sur les principes fondamentaux du bouddhisme: "Ce matin nous arrivons à Quatrième Vérité Essentielle... que l'on appelle Sentier à Huit Embranchements. Premier pas de Sentier à Huit Embranchements s'appelle Sho ken. Sho ken signifie Vue Correcte, parce que Vue Correcte n'est pas vue spéciale, pas vue définie. Deuxième pas de Sentier à Huit Embranchements..." (à ce point il y eut une longue pause) "Oh ! j'oublie deuxième pas. Cherchez donc dans le livre." Dans le même esprit je me souviens de son discours au dernier meeting du World Congress of Faiths (Congrès mondial des Religions), aux vieux Queen's Hall de Londres. Le thème en était "L'Idéal Spirituel Suprême", et après que plusieurs orateurs eurent dégoisé d'interminables platitudes, le tour de Suzuki arriva. "Lorsqu'on m'a demandé, dit-il, de parler de L'Idéal Spirituel Suprême, je ne savais pas trop quoi répondre. D'abord, je ne suis qu'un simple campagnard, venant d'une partie lointaine du monde et plongé soudain au coeur de cette cité grouillante qu'est Londres. Je me sens éberlué, et mon esprit refuse de fonctionner de la manière qui lui est coutumière, lorsque je suis dans mon pays. Deuxièmement, comment une personne auusi peu importante que moi pourrait-elle parler d'une chose aussi élevée que L'Idéal Spirituel Suprême ?... En réalité, je ne sais pas ce que signifie Spirituel, ni Idéal, ni ce qu'est L'Idéal Spirituel Suprême." Et de consacrer le reste de son discours à la description de sa maison et de son jardin au Japon, en les comparant à la vie dans une grande cité. Lui qui avait traduit le Lankavatara Sutra ! Et le public, debout, lui fit une ovation.
Parfaitement conscient de la relativité et de l'insuffisance de toute opinion, il ne discutait jamais. Lorsqu'un étudiant essaya de l'entraîner dans la discussion de certains points sur lesquels le célèbre érudit bouddhiste Junjiro Takakusu était d'une opinion différente, son seul commentaire fut: "Ce monde est grand; suffisamment de place pour nous deux, le professeur Takakusu et moi-même." Toutefois, il y eut quand même un différend -- lorsque le penseur chinois Hu Shih l'accusa d'obscurantisme (d'affirmer que le Zen ne pouvait être exprimé en langage rationnel) et de n'avoir pas de sens historique. Mais, fort courtoisement, Suzuki répliqua: "Le maître zen, en général, méprise ceux qui se complaisent au colportage de paroles et d'idées, et il faut dire que sur ce chapitre Hu Shih et moi-même sommes de grands pêcheurs, assassins de Bouddhas et de patriarches: nous sommes tous les deux voués à l'enfer."
Je n'ai jamais connu de grand érudit, de grand intellectuel, aussi dépourvu de suffisance. Lorsque je rencontrai Suzuki pour la première fois je fus abasourdi de l'entendre me demander (à moi qui avait alors vingt ans) mon avis sur la manière de préparer un certain article et, ayant eu le toupet de le lui donner, de voir qu'il le suivait. La suffisance, l'irascibilité de l'universitaire lui étaient tout à fait étrangères. Ainsi certains sinologues américains spécialistes des attaques confraternelles menées à coup d'apostilles, ont tendance à s'offusquer de son utilisation quelque peu désinvolte de la documentation et de "l'appareil critique" et à parler de lui comme d'un vulgaire vulgarisateur. Ils ne se rendent pas compte qu'il aimait sincèrement l'érudition et ne ressentait donc pas le besoin d'avoir "l'air d'un érudit". Il n'avait pas besoin de faire usage de la bibliographie comme astuce pour mettre en avant sa personnalité.
Il se peut que l'essence de l'esprit de Suzuki ne puisse être saisie à la seule lecture de ses ouvrages: il faut avoir connu l'homme. Nombre de ses lecteurs se plaignent que son oeuvre diverge par trop du Zen -- qu'elle est verbeuse, décousue, hermétique, et qu'elle se perd dans des considérations d'ordre technique. Un moine zen m'expliquait un jour que l'attitude de mushin (la manière zen de l'oubli du moi) ressemblait à celle du menuisier japonais qui peut construire une maison sans avoir de plan. J'ai demandé: "Et celui qui dessine le plan sans avoir de plan pour le faire ?" C'est, je crois, cette attitude que possédait Suzuki envers l'érudition: il pensait, il intellectualisait, il se penchait sur les manuscrits et les dictionnaires, tout comme un moine zen pourrait balayer le plancher, dans l'esprit mushin. Voici ses propres paroles: "L'homme est un roseau pensant, mais il accomplit ses plus grandes oeuvres lorsqu'il ne calcule ni ne pense; il faut reconstituer "l'innocence de l'enfant" par de longues années d'entraînement dans l'art de s'oublier soi-même. Lorsque ce but est atteint, l'homme pense et pourtant il ne pense pas. Il pense, comme la pluie qui tombe du ciel; il pense comme les houles qui déferlent sur l'océan; il pense comme les étoiles qui illuminent les cieux nocturnes; il pense comme les pousses vertes dans la paisible brise du printemps. En fait, il est la pluie, l'océan, les étoiles, la verdure."
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Article original d'Alan Watts (Alan Wilson Watts, 1915-1973) publié dans son livre Does it matter ? (Pantheon Books, New York, 1969). Traduit de l'américain par Maurice de Cheveigné. Source

Posté par josleroy à 15:07 - - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires sur Suzuki : dernier ecrits au bord du vide

Merci José

La leçon que je tire de cet exposé, c'est que ce qui est cherché à trouver ne nous est pas extérieur.

Posté par Eric Francis D-M, 07 juin 2010 à 19:30
explication du non savoir

les citations de Suzuki complètent bien celles du post sur le "non savoir". Mais c'est terriblement subversif pour ce blog et tous ceux qui traitent de la non dualité, car l'intellect ne servant à rien (au mieux), voire même étant un obstacle (au pire) pour arriver au résultat, lire tout cela ne présente guère d'intérêt. hihihi!

Posté par patrice, 08 juin 2010 à 10:33
Non savoir

résultat... résultat...
vous avez dit résultat ?
arriver où ?
arriver à quoi ?

moi tu sais Patrice à part l'état naturel je ne vois pas ce que je pourrait "obtenir" (c'est à dire découvrir l'état naturel comme on découvre un meuble de la toile qui le recouvre dans les maisons bourgeoises)

l'état naturel étant très subversif ===> mais dans la société et pas sur des blogs ou dans des satsangs

l'insoumission totale c'est quelque chose de très concret (non raisonnée en général) et entraîne très loin dans le concret.

c'est à dire pour parler clair l'état naturel c'est réagir viscéralement (sans arriver à raisonner : avec la raison donc qui n'est pas spécifiquement le mental mais plutôt obéir docilement aux règles inculquées qui ne sont pas de l'état naturel)

bref si tout le monde peut simplement laisser sa nature fondamentale s'exprimer la société humaine change immédiatement.

Donc je pense qu'il n'y à rien à obtenir mais plutôt à découvrir et à épurer.

Faire la part de ce qui est viscéral de ce qui est raisonné.

Posté par Duc, 08 juin 2010 à 11:24
* Ou faire la part

de ce qui est intellect pur (ce n'est pas seulement un mot)
vis à vis de "l'intelligence" viscérale qui lui est seconde et un simple reflet.

* Le pur "intellect" ne peut en aucun cas se trouver être le produit d'un quelconque raisonnement.

* Notre nature propre ne peut pas être caractérisée, elle n'est pas qualifiable; n'est pas d'allure viscérale ou autre.

N'en déplaise à la dogmatique ambiante répandue dans pas mal d'esprits qui raisonnent, l'être humain n'est pas que végétatif.
C'est ainsi et tous les raisonnement du monde n'y peuvent rien changer.
Peut on penser ou croire une seconde que D.T. Suzuki usait d'une quelconque "viscéralité" pour dire ce qu'il considérait qu'il avait à dire ?

Posté par Éric Francis D-M, 08 juin 2010 à 12:13
viscéralité

C'est à dire que je pense de mon côté que la réalité de l'homme est viscérale.
Manger, boire, dormir, déféquer et surtout survivre etc.

Donc le reste est purement ludique et de l'ordre du divertissement et du passe temps.

Selon moi

ce qui n'empêche pas de laisser l'intellectuel pur s'exprimer.

Il n'en reste pas moins que c'est toujours le viscéral qui aura raison.

Posté par Duc, 08 juin 2010 à 12:41
Points de vues

Chacun voit selon ses critères.
Il n'est pas dans mon intention de chercher à convaincre.
D'ailleurs, convaincre de quoi ?

C'est assurément de vouloir faire de ses propres critères un absolu valable ou imposable pour tous qui est un abus d'allure dictatoriale.

Faire de la doctrine de la non-dualité un dogme n'est pas traditionnel et ne correspond pas à la réalité de cette proposition et voie initiatique.

D'une manière similaire, sur un autre registre de la pensée, il apparaît qu'affirmer "que c'est toujours le viscéral qui aura raison" est un point de vue partiel qui prend, semble-t-il, des allures partiales.

Posté par Éric Francis D-M, 08 juin 2010 à 13:12
fin de la quête

personnellement j'ai beaucoup cherché avec conviction
au final j'ai trouvé cette réponse.
et je ne peux plus chercher
fin de la recherche qui s'impose d'elle même
confrontation au réel
je me suis pris le réel en pleine poire pour résumer
et donc je ne doute plus de lui
le feu ça brûle et l'eau ça mouille
le corps ca vit, le corps ca meurt
etc

Posté par Duc, 08 juin 2010 à 13:36
Dont acte;

Condoléances, "Duc".

Posté par Éric Francis D-M, 08 juin 2010 à 13:47
au bord du vide ? viscéralité ?

aller hop .. dans le trous "duc" ! lol

patrice : l'intellect ne servant à rien (au mieux), voire même étant un obstacle (au pire) pour arriver au résultat, lire tout cela ne présente guère d'intérêt. hihihi!

hahahahaha

Posté par présence, 08 juin 2010 à 16:56
hymne a Brahmâ

suzuki : "L'homme est un roseau pensant, mais il accomplit ses plus grandes oeuvres lorsqu'il ne calcule ni ne pense; il faut reconstituer "l'innocence de l'enfant" par de longues années d'entraînement dans l'art de s'oublier soi-même. Lorsque ce but est atteint, l'homme pense et pourtant il ne pense pas. Il pense, comme la pluie qui tombe du ciel; il pense comme les houles qui déferlent sur l'océan; il pense comme les étoiles qui illuminent les cieux nocturnes; il pense comme les pousses vertes dans la paisible brise du printemps. En fait, il est la pluie, l'océan, les étoiles, la verdure."

merci pour cette article josé .. c'est tres beau !

Posté par présence, 08 juin 2010 à 17:05
reflets de lumiere

Miroir, miroir qui est belle ?

En tout les cas , en cette image , il est bien beau le petit minet ... DEUX belles présenceS à l'UN .

Posté par manira, 08 juin 2010 à 17:37
non deux ni un

présence à la présence ... mystere de l'etre

Posté par présence, 08 juin 2010 à 18:38
Ni "non pas deux ni un"

Présent sans aucun mystère.
Non savoir.

OH !!

Posté par Eric-Francis DM, 08 juin 2010 à 18:57
Je vois des étoiles

Toujours ,les mots semblent se jouer de nous, parmi nous...

Qu'importe... le non est un oui , étourdissant... c'est a en perdre la tête !?

Posté par manira, 08 juin 2010 à 19:56
Oui, Manira

à en perdre la tête pour se trouver... En tête !!

Bonne soirée pleine de poésie, d'humour et d'amour.

Posté par Éric Francis D-M, 08 juin 2010 à 20:17
Hymne à la nature vue de sa fenêtre

suzuki : "L'homme est un roseau pensant, mais il accomplit ses plus grandes oeuvres lorsqu'il ne calcule ni ne pense; il faut reconstituer "l'innocence de l'enfant" par de longues années d'entraînement dans l'art de s'oublier soi-même. Lorsque ce but est atteint, l'homme pense et pourtant il ne pense pas. Il pense, comme la pluie qui tombe du ciel; il pense comme les houles qui déferlent sur l'océan; il pense comme les étoiles qui illuminent les cieux nocturnes; il pense comme les pousses vertes dans la paisible brise du printemps. En fait, il est la pluie, l'océan, les étoiles, la verdure."

Oui car la nature du moins celle que je connais elle n'est pas comme ça.
Il y a des insectes et il faut faire sa place.
Il y a le vent qui est chiant parfois.
Le soleil qui cogne.
etc...
Alan Watts a fait une belle tirade dans un de ses livres sur la pensée romantique de la nature qui ne correspond qu'aux instants les plus rares qu'on retrouve dans les livres de poésie.
Mais la nature n'a que très rarement à voir avec ça.
C'est l'état naturel !

Posté par Duc, 08 juin 2010 à 23:12
petit scarabé

duc : " la nature du moins celle que je connais elle n'est pas comme ça.
Il y a des insectes et il faut faire sa place.
Il y a le vent qui est chiant parfois.
Le soleil qui cogne. "

tu pense comme un humain ...

Posté par présence, 08 juin 2010 à 23:16
non deux ni un

présence à la présence ... mystere de l'etre*

*pour le mental ...

Posté par présence, 08 juin 2010 à 23:18

Le romantisme du monde est une grâce qui est donnée avec parcimonie.
Et s'enivrer de belles poésies n'ôtera jamais l'horreur consubstantielle au lyrisme exalté.

Posté par Duc, 08 juin 2010 à 23:29
Comme un huimain

je pense en effet.
Exactement.
C'est le mot juste monsieur !

Posté par Duc, 08 juin 2010 à 23:31

pour l'état de spectre on verra plus tard.

Posté par Duc, 08 juin 2010 à 23:36

duc : " pour l'état de spectre on verra plus tard. "

tu veus dire l'état de "sceptre" ... ?

Posté par présence, 08 juin 2010 à 23:47
Le noir et le blanc ne s'épousent-ils pas ?

Point de vu matérialiste // point de vue spiritualiste.
Spectre "sans corps" // matière sans esprit...

Le fait de se soustraire de manière plus ou moins artificielle(1) à ne considérer qu'un point de vue partiel, parcellaire, laisse encore dans une problématique sans fin.
Pourquoi ?
Tout simplement parce qu'elle ne sait pas considérer les faits d'observation ou d'expérimentation dans la totalité.

Si nous sommes dotés (par "La Nature" ou par quelque "Dieu", peu importe) d'un cortex "deux en un", qui se traduit par un cerveau organique avec sa fonctionnalité et son anatomie bien mises à jour de manière contemporaine, autant en faire usage pour tâcher de piger, au moins un peu.

Profiter de notre passage éphémère dans une forme furtive cérébralisée (dite "humaine") telle que celle qui s'offre à notre entendement,
pour piger ne serait-ce qu'un peu,
n'est certes pas hors de notre portée.
Tout est organisé pour cela; alors à quoi servirait de se masturber le mental pour trouver une réponse argumentaire qui cloue le bec à l'autre envisageant et vivant le monde d'une manière différente de la notre ?

Voir cela avec grande lucidité et absolue perspicacité, permet de lâcher les contraintes de certains modes de pensées accrochés à vouloir démontrer que l'on a raison.

Bonne journée à tous.


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(1) - y compris d'une manière très subtile qui passe la plupart du temps inaperçue -

Posté par Éric Francis D-M, 09 juin 2010 à 08:58

Suzuki a écrit un ouvrage succulent qui s'appelle le "non-mental" c'est un petit joyau qui va au cœur de nous mêmes!
je ne sais plus si il est réédité mais je le conseil fortement c'est comme remettre la lumière sur la table plutôt que sous la table. il va au coeur de la pensée "du Zen" et défait toutes les illusions qui ont été surimposées et mal interprétées par la parole transmises par les patriarches. Il enlève tout....pour ne laisser rien du tout, mais quel rien!

Posté par vincent, 11 juin 2010 à 08:26
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