Philippe Fabri m'envoie un exercice "Mort et résurrection" que nous faisions avec Douglas Harding dans les ateliers.

On peut lire ces exercices, mais ils sont destinés à être faits.

Merci à Philippe

DOUGLAS_HARDING Douglas Harding, chez lui à Nacton

MORT ET RESURRECTION

 

Le texte ci-dessous est fortement inspiré d’un atelier donné Douglas Harding au Taillé.

On demande aux participants de fermer les yeux et de se laisser conduire.

L’animateur forme alors 2 rangées avec les participants qui se tournent le dos.

 

Nous allons faire une expérience qui, comme toutes nos expériences, nous montre ce que c’est que d’être une Première personne. Une première personne qui devient rien et même moins que rien pour devenir ensuite tout.

 

Gardez les yeux fermés. Prêtez attention à ce que vous découvrez dans l’évidence de l’instant présent. Laissez tomber autant que possible l’imagination et la mémoire.

 

Quelle forme avez-vous ?

Quelle taille avez-vous ?

Combien d’orteils avez-vous ?

 

Cette expérience s’appelle : « Perdre la forme et retrouver la forme », ou encore « Mort et Résurrection »

 

Que pouvez-vous trouver là où vous êtes en ce moment même ?

Trouvez-vous le moindre objet solide dans le quel vous êtes enfermé ?

Trouvez-vous une limite où vous vous arrêtez et où le monde commence ?

Que trouvez-vous là où vous êtes sur l’évidence de l’instant présent ?

 

Je ne parle pas de ce que vous ressentez, ni de ce que vous comprenez. Je ne parle que de ce qui vous est donné sur le plan de la perception.

 

Y a-t-il quoi que ce soit là où vous êtes ?

Trouvez-vous la moindre matière là où vous êtes en ce moment ?

N’avez-vous pas réellement disparu en tant que chose dans le monde ?

 

Sur l’évidence de l’instant présent ce ne serait qu’imagination et souvenir n’est-ce pas ? Bien sûr vous pouvez imaginer une forme humaine maintenant. Mais ce n’est pas ce qui vous est donné en ce moment.

 

N’avez-vous pas entièrement perdu forme, solidité, substance, limites ?

 

Vous savez, c’est une sorte de mort. Vous allez me dire que ce n’est pas si horrible que cela. Mais dans un certain sens c’est une mort plus radicale, je pense. Lorsque vous mourrez, il reste aux autres quelque chose dont ils doivent se débarrasser. Mais en ce moment dans votre expérience de première main, y a t il quoi que ce soit là où vous êtes, excepté peut-être la conscience d’être une non chose ? Je suggère que c’est la véritable mort. Vous savez, les traditions disent que nous devons mourir afin de vivre. Nous devons donner notre vie pour découvrir la vraie vie.

 

Maintenant ouvrez vos yeux tout en maintenant votre regard droit devant vous. Je devrais plutôt dire ouvrez votre œil.

 

Y a t il la moindre différence ?

Avez-vous une forme maintenant sur l’évidence de l’instant présent ?

Avez-vous pris forme ?

N’avez-vous toujours pas encore perdu tout ce avec quoi vous vous identifiez en tant que 3ème personne ?

N’avez-vous pas encore perdu la forme, les limites, la « chositude », n’avez-vous pas tout perdu ?

 

Les grands maîtres disent que nous devons mourir pour vivre, et que cette sorte de mort est suivie de la résurrection. Nous devons renoncer à la vie en tant que petite personne individuelle pour atteindre notre vie de ressuscité.

 

De quelle résurrection s’agit-il ? Comment est-il possible qu’en ayant perdu la forme, nous retrouvions la forme, que nous retrouvions tout ce que nous avons perdu d’une autre manière ?

 

Faisons maintenant demi-tour pour regarder dans la direction opposée. Faites face à votre ami, l’œil grand ouvert. Retrouvez en cet ami tout ce que vous avez perdu : forme, couleur, humanité. Tout ce que nous avons perdu en tant que 1ère personne nous le retrouvons maintenant. C’est celui pour lequel vous êtes mort, vous avez donné votre vie pour celui qui est en face de vous. Non pas parce que vous êtes très gentil ou très vertueux, mais parce que c’est ainsi que vous êtes construit.

 

Vous avez perdu la forme et vous reprenez forme, et c’est la vie de résurrection. Trouver dans l’autre tout ce que l’on a perdu en tant que soi-même. Voyez comme tout ce que vous avez perdu vous revient, vous est rendu, et pas seulement sous la forme de celui qui est en face de vous. Vous pouvez laisser votre regard glisser le long de la rangée et reprendre forme sous la forme de tous vos amis. Vous avez perdu une petite vie et vous recevez en échange toutes les vies, toutes les formes. C’est la véritable vie de résurrection parce que vous avez renoncé à votre vie pour l’autre, pour les autres et vous la recevez en retour avec un intérêt immense, une richesse incroyable. C’est la loi de la vie n’est-ce pas de disparaître en faveur des autres, de mourir véritablement pour les autres et de ressusciter en tant que le monde entier.

 

Peut-être allons-nous exprimer toute notre gratitude à notre ami pour nous avoir rendu tout ce que nous avions perdu.

 

Pas le moindre effort à faire pour mourir et pas plus pour ressusciter. Seulement prêter attention à ce qui est !