Les éditions Almora (dont je dirige les collections) vont dans quelques jours publier un texte dzogchen fondamental, un trésor de Nuden Dorjé, commenté par James Low et traduit par Nathalie Koralnik. Le livre s'appelle :

Le miroir au sens limpide

Il s'agit d'un ensemble d'instructions fondamentales pour s'éveiller à sa vraie nature. Texte remarquable et commenté avec profondeur et humour par James Low.

"Quatrième de couverture

Le Miroir au Sens Limpide est un texte dzogchen du grand maitre tibétain Nuden Dorjé (XIXème siècle) ici commenté par James Low.

 Il traite de la vue et de la pratique du dzogchen, la grande perfection naturelle, voie directe permettant de s’éveiller sans effort à la nature essentielle de l’esprit, de manière immédiate et radicale, grâce à des pratiques très puissantes et originales.

Rares sont les textes authentiques du dzogchen disponibles dans des langues occidentales ; la publication de celui-ci en français est un événement pour tous ceux qui s’intéressent au bouddhisme, ou plus largement qui cherchent des voies vers l’éveil.

Nuden Dordjé est considéré comme une incarnation de Kyétchoung Lotsa, l’un des principaux disciples de Padmasambhava auquel ce dernier transmit cet enseignement du Miroir au Sens Limpide. Nuden Dordjé vécut dans l’est du Tibet, au XIXe siècle, principalement au monastère de Khordong.

James Low a commencé à étudier et à pratiquer le bouddhisme tibétain, en Inde, en 1960. Il enseigne maintenant en Europe les principes du dzogchen et a publié plusieurs traductions et commentaires de ces textes.

James Low a su présenter cet enseignement profond de manière moderne, vive et même impertinente ce qui rend le livre accessible à tous, qu’on soit bouddhiste ou non."

 

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Extrait:

Chapitre 2

« En utilisant cette instruction secrète, on peut voir son propre visage, sa conscience éveillée, qui est Samantabhadra éveillé dès l'origine. La voie unitive primordialement pure de la conscience et de la vacuité se déploie en tant que la sagesse spontanée dépourvue de toute condition relative. »

James Low :

Ce premier verset est extraordinaire, parce que ce qu’il dit, c’est que dès le tout début cette présence naturelle, ou conscience éveillée* est complètement mêlée à la vacuité. Et la nature de cette fusion de vacuité et de conscience éveillée est totalement pure. Chacun de ces termes a de nombreuses significations, et je vais commencer à les analyser un petit peu.  Lorsqu’on parle de conscience et vacuité, rigtong (Rig sTong), ce rigpa (Rig Pa) ou conscience éveillée est notre simple « êtreté », quand nous sommes simplement assis ici – quelqu’un est là. Avant même que nous sachions que nous sommes ici, ce quelqu’un qui est simplement ici nous donne le début de la saveur de ce terme conscience éveillée, ou rigpa. Nous pourrions prendre un instant pour nous observer nous-mêmes. Nous sommes assis ici, quelle que soit la façon dont nous sommes assis, quelle que soit la façon dont notre corps est positionné. Nous n'avons pas besoin d'être assis dans une posture particulière pour observer cela. Quelqu'un est ici. Sans penser à qui vous êtes, en train d’être ici, essayez simplement d'avoir la sensation de ce qu'est cette présence que vous êtes. Restez avec cela durant quelques minutes."

*L’expression « conscience éveillée se réfère à rigpa, qu’il est impossible de définir par des mots mais qui a fait l’objet de nombreuses descriptions. Voir, entre autres, La liberté naturelle de l’esprit, de Longchenpa, présenté et traduit par Philippe Cornu, Éditions du Seuil (NdT).