30 septembre 2009
"Un mensonge : je suis humain" par Douglas Harding
Voici un article de Douglas
"Je suis humain
Nous vivons à partir d'un certain nombre de mensonges que nous acceptons comme des vérités, sans jamais les remettre en question. L'un d'entre eux consiste à dire : « Je suis humain » ou « Je suis un homme et non pas Dieu », et c'est apparemment si évident que cela va sans dire, à peu près comme ces affirmations unanimement admises : « je suis ici et pas là-bas » ou « je suis moi et je ne suis pas vous ». Mettre l'une d'elles en doute et prendre le risque de l'exprimer susciterait certainement l'inquiétude de vos parents et amis et, si vous persistiez, pourrait bien vous faire interner immédiatement en hôpital psychiatrique.
Ceci est un avertissement : SI VOUS CONTINUEZ A LIRE, C'EST A VOS RISQUES ET PERILS ! Je ne peux pas vous garantir contre les dangers que vous courez si vous poursuivez votre lecture sincèrement et faites réellement les expériences simples et faciles qui vous seront proposées - on considérera sans aucun doute que vous avez perdu la tête. (Au fait, en avez-vous jamais eu une ?) Mais vous ne courrez pas grand risque si vous prenez soin de ne communiquer vos conclusions à personne - et vous n'en courrez aucun si vous vous contentez de lire ce que j'ai à dire - c'est à dire de simplement enregistrer les mots, et si vous refusez catégoriquement de faire les expériences décrites par eux. C'est seulement dans ce cas que les mots seront pratiquement inoffensifs pour vous - ou alors (et cela revient au même) ils éveilleront en vous des sentiments pieux, banals, vaguement édifiants, mais sans la moindre valeur - et vous perdrez votre temps. Vous voilà avertis !
Pourquoi vous donner la peine d'étudier cette question avec moi, la question de votre nature humaine ? Voici trois bonnes raisons :
1- D'abord, parce que certains hommes et femmes tenus en haute estime (bien que relativement peu nombreux) ont proclamé au cours des trois millénaires passés qu'en vérité ils n'étaient pas du tout des hommes ni des femmes. Par exemple Ramana Maharshi qui affirme catégoriquement : « Je suis » est naturel tandis que « Je suis un homme » ne l'est pas. Ou cette petite histoire charmante tirée du Canon Pali :
Drona le Brahmane voyant le Bouddha assis au pied d'un arbre
lui demanda :
« Es-tu un Deva ? »
Le Très Haut répondit : « Non ».
« Es-tu un Gandharva ? »
« Non. »
« Es-tu un Yasksha ? »
« Non. »
« Es-tu un homme ? »
« Non, je ne suis pas un homme. »
Ou, comme l'a dit Jésus selon les Actes de Jean : « Ce que je semble être maintenant, cela je ne le suis pas... et c'est ainsi que je parle, détachant de moi la condition d'homme ». Ce qui nous rappelle les paroles de Rumi : « Ils virent le corps et supposèrent qu'il était un homme ». Et plus récemment, celles parmi les plusaudacieuses de Joël Goldsmith : « Celui qui croit être un homme n'a jamais ne fut-ce que commencé à pressentir la vérité spirituelle ». Si ces affirmations se révélaient justes et si vous, mon lecteur, n'étiez en fait ni un homme, ni une femme, ni un enfant, alors vous feriez mieux de laisser cette nouvelle extraordinaire pénétrer en vous, afin de vous y habituer parfaitement. Comme il serait futile de continuer comme avant - futile, peu réaliste, lamentable, lâche - de continuer à vivre avec le mensonge selon lequel vous êtes « seulement humain après tout ». En outre, quelle aventure pour vous ! expérimenter votre non-humanité ! Pouvez-vous imaginer entreprise plus aventureuse, plus passionnante, plus intéressante et plus audacieuse ?
2- Deuxièmement, il est d'autant plus important d'examiner à fond et avec un esprit largement ouvert cette question de votre véritable identité, que les maîtres ne se contentent pas de vous dire ce que vous n'êtes pas - à savoir un être humain - mais ils vous annoncent une nouvelle infiniment plus renversante encore : Ils disent que vous êtes Dieu. Oui : l'UN, l'Unique, le Seul Réel. Selon Ramana Maharshi :
"Il n'y a rien en dehors de votre Soi
Il n'y a personne d'autre.
Tout le monde sait que la goutte d'eau se fond dans l'océan, mais peu de gens savent que l'océan se fond dans la goutte d'eau."
Et voici, prises au hasard dans le monde entier, quelques autres versions du même message :
"En apparence un homme, en réalité Dieu."
Chang-tzu
"Mon MOI est Dieu."
Ste Catherine de Gênes
"La source de la religion est le sentiment que mon seul véritable moi est en fait Dieu."
A.C.Bradeley
"Peu importe combien de fois il pense à Dieu ou va à l'église, peu importe qu'il croie ou non en des dogmes religieux, si un homme reste sourd
à la question de l'existence, s'il n'y trouve aucune réponse, il ne fait que piétiner sur place, et il vit et meurt comme l’un des millions d'objets qu'il produit. Il pense à Dieu, au lieu de faire
l'expérience d'être Dieu."
Erich Fromm
3- Et c'est encore Ramana Maharshi qui nous explique clairement la troisième et dernière raison pour laquelle il nous faut examiner cette question - la raison la plus concrète que l'on puisse imaginer : « On doit réaliser son Soi pour accéder au bonheur parfait ». Ce qui revient à dire : tant que vous n'êtes pas Dieu, tant que vous n'avez pas réellement la conscience de n'être rien moins que Dieu, tant qu'il ne vous est pas naturel d'être Lui, vous ignorez ce qu'est la véritable félicité. « Lorsque vous n'êtes rien d'autre que Vous-même, vous êtes heureux » déclare Maharshi, « c'est là toute la vérité ».
Ces paroles s'adressent à ceux qui voudraient être heureux ou qui le prétendent. Je répète : qui le prétendent. Et comme elles sont belles, vraies et encourageantes, et d'une valeur inestimable si elles vous poussent réellement à les vérifier par vous-même ! Mais comme elles sont vaines si elles vous endorment dans une rêverie religieuse légèrement euphorique où vous vous imaginez ce que vous pourriez ressentir si vous étiez Dieu et par conséquent heureux ! Plus que vaines si elles attirent votre attention sur l'expérience de l'auteur et l'éloignent de la vôtre - si vous vous préoccupez de lui plutôt que de vous-même, de ce que vous n'êtes pas plutôt que de ce que vous êtes - c'est à dire : non-homme, non-femme, non-séparé, mais l'Un, l'Unique. Vous occuper de vos affaires - voilà l'objet des expériences simples qui vont suivre, et voilà pourquoi elles sont si importantes. Je vous supplie de les laisser trancher sans délai la question vitale entre toutes de savoir si vous êtes ou non un être humain, si vous êtes ou non Dieu.
Pour commencer, il vous faut avoir une idée exacte de ce qui caractérise les êtres humains. Ensuite, vous serez à même de voir si vous correspondez à cette description.
Voici donc quelques unes des caractéristiques évidentes, qui ne peuvent être sujettes à controverse, sans lesquelles des êtres ne sont certainement pas humains :
1) Si nous faisons abstraction de leurs membres (qui peuvent parfois manquer et ne sont donc pas essentiels) ils ont la forme du chiffre 8 ou d'une très grande double miche de pains ronds dont la moitié supérieure contient les organes des sens, alors que la moitié inférieure, plus grande, n'en contient pas. Des substances étrangères sont introduites dans la moitié supérieure, et évacuées par le fond de la moitié inférieure sous forme de déchets.
2) Leur taille varie de trente centimètres à deux mètres environ, et leur corpulence est proportionnelle.
3) Leur existence est limitée dans le temps - les choses éphémères durent rarement un siècle.
4) Ils se déplacent au moyen de jambes, ou de roues, ou d'ailes ou d'autres choses de ce genre.
Ce que vous devez faire maintenant pour décider si vous êtes réellement un être humain, c'est arrêter de croire ce que les gens disent que vous êtes (ils sont bien trop éloignés de vous, absolument pas en mesure de le dire) et croire plutôt ce que vous voyez que vous êtes (vous seul êtes assez proche de vous-même, vous seul pouvez connaître votre histoire intérieure, vous seul êtes en mesure d'en parler). Avant tout, il faut que vous voyiez - avec la simplicité d'un enfant - si les quatre traits caractéristiques que nous avons cités ci-dessus s'appliquent à vous. Si oui vous êtes humain. Si non, vous ne l'êtes pas. C'est aussi simple que cela. Aussi net et décisif.
Cela signifie que vous devez rassembler tout votre courage pour être la seule autorité en cette matière, au lieu de déléguer votre responsabilité à toutes sortes d'étrangers incompétents ; que vous devez être assez honnête et assez sérieux pour reprendre tout à zéro - comme si vous veniez d'apparaître - et accepter ce que vous découvrez ; que vous devez être fatigué de vivre dans un rêve, fatigué de votre crédulité et de votre manque de curiosité et avoir un besoin désespéré de faits - décidé enfin à ne pas vivre et mourir sans jamais vous être posé vous-même la question de savoir qui vit et qui meurt ; résolu maintenant à ne pas manquer cette occasion rare de trancher une fois pour toutes la question de votre nature divine.
Je vous entends d'ici me répondre : « Hélas ! c'est une tâche extrêmement difficile sinon impossible pour moi dans mon état actuel - non préparé, indécis, sensuel, tourmenté par les soucis de ce monde et les ambitions matérielles ».
Maintes et maintes fois, Ramana Maharshi a déploré cette façon faussement modeste de se chercher des excuses, de se « dégonfler ». Comme nous allons le découvrir nous-mêmes, il est plus facile de voir ce que vous êtes que n'importe quoi d'autre, et vous ne serez jamais mieux préparé ni mieux qualifié pour le faire qu'en cet instant précis. Les quatre tests suivants vont vous servir à vous examiner vous-même pour voir si vous découvrez les quatre caractéristiques des êtres humains mentionnées ci-dessus :
1) Regardez le visage d'une personne dans la pièce où vous vous trouvez en ce moment. Ou bien si vous êtes seul, regardez ce que vous voyez dans votre miroir. Ou si vous n'avez pas de miroir à portée de la main, regardez ce visage-ci :

et voyez si vous avez quoi que ce soit de semblable du côté où vous êtes. Voyez à l'évidence que vous n'êtes qu'Espace pour ce visage. Que la situation donnée est totalement asymétrique : visage là-bas - aucun visage ici ; deux petits yeux là-bas - un Œil immense ici ; des formes colorées, denses et opaques là-bas - rien de la sorte ici - Rien, Aucune Chose du tout. Constatez que la moitié supérieure de votre silhouette en forme de 8 - de votre double miche de pain - a été détachée et déposée là-bas, dans cette boîte à pain que vous appelez votre miroir. Bref, voyez que cette première investigation vous révèle déjà que vous êtes infiniment différent de tous les êtres humains que vous avez pu voir.
2) Voyez la taille des êtres humains. Sur l'évidence de l'instant présent, ne pourriez-vous pas avoir n'importe quelle taille ? Essayez de « marcher grand », aussi grand que vous le désirez, infiniment grand - avec la corpulence correspondante.
3) Voyez quelle heure il est sur votre montre là-bas. Et maintenant rapprochez-la lentement de votre œil, voyez comme ces chiffres se brouillent et disparaissent. Votre montre vous indique maintenant l'heure qu'il est ici où vous êtes - zéro heure, pas d'heure du tout. Rien d'étonnant à cela : comme vous pouvez le voir, il n'y a rien ici, rien qui puisse changer, rien qui puisse avoir besoin du temps, rien qui puisse enregistrer le temps. Là où vous êtes et Ce Que vous êtes est intemporel, éternel.
4) Levez-vous et commencez à tourner sur vous-même, et observez que c'est le plafond, les murs, les fenêtres et les portes qui tournent - au sein de votre Immobilité. Lorsque vous êtes dans votre voiture, voyez ce qui se déplace, c'est tout sauf vous - tout le paysage : poteaux télégraphiques, arbres maisons et collines - tout sauf vous.
Ces quatre exemples ne sont qu'un petit échantillon de toutes les différences qui existent entre ce que vous semblez être et ce que vous êtes, entre ce que l'on vous a habitué à croire sur votre propre nature, et votre Véritable Nature telle que vous pouvez la voir. Votre Réalité centrale et divine n'est pas un peu différente de votre apparence périphérique et humaine : à tous les égards, elle est exactement le contraire. Ainsi vous ne vous déplacez pas, vous êtes l'Immobilité même ; vous n'avez pas deux yeux, votre troisième Œil - votre Œil Divin - est unique ; votre véritable visage n'est pas votre visage humain, mais ce que le Zen appelle votre Visage Originel, qui n'est autre que la face de Dieu. Et ainsi de suite : vous pouvez continuer à explorer à loisir votre Nature Divine qui est au centre de vous-même et que vous négligez depuis si longtemps, et vous ne cesserez de découvrir un nombre incalculable de différences stupéfiantes entre elle et la nature humaine que vous avez importée et mise à sa place. Enfin, prétendu mettre à sa place. Comme si c'était possible !
Mais voici qui est plus incroyable encore : ce dont nous avons le plus besoin (cette claire vision de notre Nature Divine) est tout à fait accessible - et pourtant, c'est ce que nous négligeons le plus, nous lui résistons, nous en avons peur. De tous les faits évidents, c'est celui dont l'évidence est la plus flagrante - et pourtant, nous le dissimulons rapidement sous les écrans de fumée des émotions, les brouillards de l'intellect ou de la religion. De tous les messages, c'est le plus simple - et pourtant, c'est celui qu'on a le plus trafiqué et brouillé, comme si c'était un renseignement militaire top-secret en temps de guerre que personne ne doit déchiffrer. Simple entre tous... et pourtant il existe des bibliothèques entières bourrées de livres qui s'efforcent à prouver le contraire.
J'entends déjà vos objections : « Tout ceci n'est pas seulement simple, c'est simpliste. Excessivement, grossièrement simpliste. Il se peut que je ressemble à Dieu ici mais je n'ai absolument pas le sentiment d'être Dieu ici, pas plus que je ne pense comme Dieu. Si mon niveau de conscience était vraiment très élevé, je n'aurais jamais aucun problème pour garer ma voiture, je n'oublierais jamais un nom ou ne méjugerais jamais d'un ami - et je ne serais certainement jamais triste ou en colère. A quoi me sert-il de ressembler à Dieu si je ne puis jamais être à la hauteur de ma belle mine ? »
Objection si pertinente que je vais consacrer la fin de cet article à y répondre.
Pour commencer, jetons un coup d’œil à la tradition. Selon
la Prashna Upanishad : « Le Soi impersonnel qui voit, touche, entend, sent, goûte, pense, discerne, agit, ne fait qu'un avec le soi personnel
». Le principe fondamental des Upanishads est que c'est seulement en tant que et à travers l'Expérimentateur unique qui est dans tous les
êtres que nous percevons et ressentons et pensons et expérimentons quoi que ce soit. Et l'on trouve la même doctrine - formulée différemment,
bien sûr - dans de nombreux textes bouddhistes et sufi, ainsi que dans les écrits de grands mystiques chrétiens.
Tout ceci est bien beau, mais concrètement, comment allons-nous réconcilier l'expérience (vraisemblablement) parfaite de Dieu avec la nôtre (très certainement) imparfaite, et les réconcilier si complètement que la totalité de l'expérience se révèle entièrement Sienne. Comment allons-nous ébranler la conviction si enracinée selon laquelle bien qu'en principe nous soyons divins, en pratique nous sommes tout sauf divins ? Que si notre nature est supra-humaine, notre expérience, elle, n'est que trop humaine ?
Ici, il nous faut établir une distinction - une distinction très nette entre les deux catégories d'expériences. Appelons-les (a)
le regard tourné vers l'Extérieur (the View Out) et (b) le regard tourné vers l'Intérieur (the View In) :
a) Par « regard tourné vers l'Extérieur », j'entends
l'attention ordinaire que nous portons à ce qui se passe, au contenu
de notre expérience - que ce soit un sentiment, une pensée, une perception, une sensation ou un mélange de tout cela. Par exemple, en
ce moment vous voyez vos mains et cette page couverte de mots imprimés, plus les réflexions sur votre nature divine que suscitent ces mots, plus
les sentiments d'espoir et d'exaltation (ou d'incrédulité et de gêne) que l'idée même de votre nature divine vous inspire. On peut faire trois commentaires sur ce genre d'expérience : cela change
continuellement, c'est tellement partiel et limité que c'est au moins aussi irréel ou faux que réel ou vrai ; et c'est à la merci
des fluctuations d'éventuels sentiments tristes ou joyeux qui peuvent aussi bien nous abattre que nous stimuler. Bref, cette première catégorie
est l'expérience normale, celle que l'on attendrait naturellement d'un être humain imparfait et faillible, et en aucun cas celle d'un Etre Divin parfait et infaillible.
b) La seconde catégorie d'expérience est anormale dans le sens qu'elle est relativement rare. La flèche de l'attention n'est plus tournée vers l'extérieur, vers ce qui est expérimenté, mais vers l'intérieur, vers l'expérimentateur : elle est centripète et non plus centrifuge. Ou, pour varier les métaphores, elle se concentre sur le contenant de l’expérience qui reste immuable, et non sur son contenu toujours changeant ; sur l'Ecran vierge plutôt que sur le feuilleton très mouvementé et coloré qui apparaît dessus. La Vision Intérieure dont la vocation n'est pas de vous aider à vous souvenir, mais bien de renouveler l'expérience en vous faisant regarder maintenant ce que désigne ce doigt pointé vers vous :

en vous faisant voir effectivement cette Clarté Immense et Immaculée qui est Celui Qui Voit. En vous faisant voir Ce Que vous êtes réellement.
Quelle différence entre ces deux sortes d'expériences, entre ce Regard-ci tourné vers l'Intérieur et ce regard-là tourné vers l'Extérieur ! Aucune hésitation à attribuer le premier à Dieu et non à l'homme, à le percevoir comme la vision parfaite que Dieu a de Sa Nature parfaite. Comme la fusion du Sujet divin et de l'Objet divin, comme Dieu savourant Dieu ! En fait, attribuer cette expérience parfaite à soi-même en tant qu'expérimentateur séparé et imparfait reviendrait à faire preuve de la vanité qui a provoqué la chute de Lucifer.
Le problème alors reste entier : comment réconcilier la perfection de Dieu avec le fait qu'Il englobe toute conscience - aussi bien notre vision imparfaite lorsque notre regard est tourné vers l'extérieur, vers le monde, que notre vision parfaite lorsque notre regard est tourné vers l'intérieur, vers l'Origine du monde - aussi bien notre vision de l'irréel là-bas que notre vision du Réel ici ?
Et la solution est la suivante : c'est la vision qui est tournée vers l'extérieur qui est imparfaite, et non pas celui qui regarde. « L'imperfection » et « l'irréalité » sont du côté du monde qui est regardé et non de votre côté à vous, celui qui regarde. Elles sont du côté de votre contenu, et non de votre côté à vous, le contenant - du côté de votre feuilleton et non de votre côté à vous, Ecran immaculé. Et il n'y a rien à faire : ces « imperfections » sont ce qui permet au monde d'exister : un monde sans « feuilleton », un monde « parfait » ou « parfaitement réel » ne saurait exister. Et votre Vision tournée vers l'Extérieur, vers le monde de Dieu (tel qu'il est) procède autant de Dieu que votre Vision tournée vers l'Intérieur, vers Dieu. Des deux manières - de toutes les manières - vous êtes LUI.
« Les phénomènes sont réels quand ils sont expérimentés comme faisant partie du Soi, et illusoires quand ils sont considérés en dehors du Soi » a dit Maharshi. En d'autres termes, le feuilleton insipide devient une véritable pièce de théâtre lorsque vous
- alias Dieu - devenez son auteur. Voyez comme la pièce vous apparaît alors.
Voyez si vous pouvez continuer à coller les sur votre monde aussi inconsidérément qu'auparavant les étiquettes “MARCHANDISES DEFECTUEUSES” ou “MARCHANDISE AVARIEE” ou “ARTICLE DE SECOND CHOIX”. Voyez si vos marchandises ne sont pas finalement de très bonne qualité, voyez comme l'excellence de leur fabriquant déteint sur elles, et comme chacune porte la marque DIEU et est sous Sa Garantie Divine.
Douglas Harding"
29 septembre 2009
Mysticisme et christianisme
J'ai acheté un excellent livre de Max Huot de Longchamp sur la mystique chrétienne.
C'est une très riche anthologie de textes mystiques chrétiens dont certains sont très peu connus.
Celui est magnifique:
"1. Heureuse l'âme qui s'applique continuellement à se purger et à pénétrer son sanctuaire intérieur ! Heureuse celle qui renonce délibérément à toute recherche et volonté propres ! De plus en plus elle approche Dieu ! Alors, la grâce divine soulevant, éclairant et épanouissant ses puissances supérieures, elle obtient l'unité et la nudité de l'esprit, et elle atteint l'amour pur et sans tâche, la pensée simple, c'est-à-dire dénuée de pensées.
2. Capable désormais de recevoir la grâce de Dieu suprême et indicible, elle est conduite à cette source vive qui jaillit de toute éternité, et qui étanche au-delà de leur soif l'esprit des saints.
3. ...C'est pourquoi, lorsqu'elle se tourne pleinement vers Dieu avec amour, la lumière débordante jaillit en son fond, et l'oeil ébloui de sa raison a de son intelligence est aveuglé, tandis que son oeil simple reste ouvert — c'est-à-dire sa pensée pure, nue, uniforme, au-dessus de l'intelligence.
En effet, perdant les images, la distinction et la considération des choses, voilà qu'elle expérimente que Dieu est de loin au-delà de toutes les images corporelles, ou spirituelles, et même divines, ainsi que de tout ce qui peut être appréhendé par l'intelligence, de tout ce qui peut être dit ou écrit sur lui, de tout nom que l'on pourrait lui appliquer.
4. ...Elle ignore cependant ce qu'est Dieu, qu'elle sent. C'est pourquoi conduite sans connaissance au-delà de la connaissance, elle repose en Dieu seul, aimable, pur, simple et ignoré... Là, l'âme reçoit une parole cachée que Dieu prononce dans le silence intérieur et secret de la retraite de l'esprit . Elle la reçoit, et expérimente avec bonheur l'étreinte de l'union mystique. En effet, là où, par amour, elle dépasse l'intelligence et toutes les images, et où elle est portée au-dessus d'elle-même (ce que Dieu seul peut procurer), voilà que sortant d'elle-même, elle s'écoule en Dieu, et alors Dieu est sa paix et sa jouissance.
5. ...Comme réduite à rien, elle s'effondre dans l'abîme de l'amour éternel où morte à elle-même elle vit en Dieu, ne sachant ni ne sentant rien d'autre que l'amour qu'elle goûte. Elle se perd, en effet, dans la solitude immense et dans les ténèbres de la divinité ; mais se perdre ainsi, c'est plutôt se trouver."
Louis de Blois, Institution Spirituelle., (1506-1566)
Se perdre ainsi, c'est plutôt se trouver...c'est exactement cela : je me trouve en me perdant.
26 septembre 2009
Fichte, la philosophie et l'éveil : 1
On m'a demandé dans un commentaire si Fichte intégrait l'éveil dans sa philosophie. Voici quelques éléments de réponse.
L'oeuvre de Fichte est immense et difficile. De nombreuses interprétations contradictoires de son oeuvre existent.
A la lecture de son œuvre, je suis maintenant convaincu qu'il s'agit pour Fichte de conduire son lecteur à l'éveil.
Je vais m'appuyer ici sur deux de ses textes : la première et la seconde interprétation à la Doctrine de la science (1797).(Ed.Vrin)
La philosophie c'est d'abord pour Fichte un retour effectif à soi-même :
"Prête attention à toi-même : détache ton regard de tout ce qui t'entoure et tourne le vers ton intériorité ; telle est la première exigence de la philosophie à l'égard de son disciple. Il n'est question d'aucune autre chose qui te soit extérieur ; il n'est question que de toi-même." p.245
Ce retour sur soi est le fondement de la philosophie, compris comme science et seul il permet de savoir quel est le vrai système de la philosophie.
"Comme nous l'avons vu, la Doctrine de la science part d'une intuition
intellectuelle, celle de l'absolue auto-acitivité du Moi." (p 278)
Cette intériorisation est une intuition intellectuelle que Kant et les kantiens n'ont pas compris et n'ont pas su accomplir.
Tous les hommes ne sont pas capables d'ailleurs de la réaliser; il y ainsi deux types d'hommes, ceux qui ont accompli cette intuition et les autres qui sont immergés dans les objets .
"Ceux qui ne se sont pas encore élevés à la pleine conscience de leur liberté et de leur indépendance absolue se trouvent eux-mêmes seulement dans la représentation des choses : ils ne possèdent qu'une conscience de soi divisée, adhérent aux objets et qui doit être unifiée à partir de la multiplicité de ceux ci. Leur image ne leur est renvoyée que par les choses à la façon d'un miroir ; si on leur arrache celles-ci, leur Soi est en même temps perdu."
Autrement dit, les hommes s'identifient aux représentations qu'ils ont d'eux-mêmes : le corps, les images...
"Celui qui n'est qu'un produit des choses ne peut pas se considérer autrement" (p 252)
L'homme qui se vit comme une chose n'est pas conscient de lui ; il est perdu à l'extérieur de lui, dans la sphère des choses; il s'est oublié.
"Si je tente de me voir moi-même, c'est librement que je me tiens dans cette sphère ; en revanche si je ne considère que l'objet et oublie dans la pensée de celui-ci ma pensée propre, je suis retenu dans cette sphère et limité par elle - c'est ce dernier cas qui se réalise réellement du point de vue du sens commun." (p 294)
Le vrai philosophe est donc celui qui par un expérience prend conscience de son vrai moi.
"Le philosophe ne peut qu'intuitionner l'acte indiqué du Moi qu'en soi-même et pour pouvoir l'intuitionner, il doit l'accomplir. Il le produit en soi spontanément et librement" (270)
Le philosophe réalise l'acte de prise de conscience par lequel il se met à exister en tant que Moi pur. Mais :
"On ne peut obliger quelqu'un à accomplir un tel acte ; et quand bien même on prétendrait y parvenir, on ne pourrait pas savoir si cette personne a correctement procédé et comme il convient. "250
à suivre...
25 septembre 2009
Vivecacudamani : 6
Voici la suite de la traduction du sanskrit de cet illustre texte de l'advaita Vedânta :
Le vivecacudamani
Merci à mon professeur Alain Porte pour les précieux conseils.
Dans ce passage, le disciple approche le guru avec beaucoup de révérence pour lui demander son enseignement. Brûlé par la peur et la douleur, le disciple implore son maitre de le libérer.
Le début du texte se trouve dans ce message
_______________________________________
36
Après avoir honoré le guru avec dévotion, salué avec des hommages respectueux et modestes,
Après avoir obtenu son accord, il demandera ce qu'il faut savoir en ce qui concerne le Soi.
37
« Ô Swami, salut à toi, Ô ami de ceux qui te rendent hommage, océan de compassion moi qui suis tombé dans l'océan de l'existence
sauve moi, par la vision d'un simple de tes coups d'oeil, par le déluge du nectar suprêmement compassionnel provenant de ta probité.
38
Brûlé par le feu de forêt irrépressible du samsâra, étant violemment secoué par les vents de l'infortune
Peureux, je tombe à tes pieds. Protège moi de la mort. Un refuge qui soit autre, je n'en connais pas.
39
Apaisés, grands sont les saints accomplissant le bien-être du monde comme le printemps.
Ceux qui ont traversé d'eux mêmes les vagues terrifiantes de l'existence, font traverser même les autres personnes sans motivation.
40
Telle est la nature libre des grandes âmes, à savoir qu'il y a inclination à écarter les fatigues des autres.
Cette lune d'elle-même protège la terre brûlée par la lumière violente du soleil.
41
Arrose, avec le nectar de tes paroles, douces à l'oreille, émises par ta bouche, habiles, très fraiches, pures, pleines de l'expérience du Brahman, arrose celui qui est consumé par le feu de forêt qu'est la chaleur de l'existence.
42
Comment traverserai-je cet océan de l'existence ? Quelle voie pour moi ? Quel est le meilleur moyen?
Je n'en sais rien. Protège moi avec compassion. Ô Seigneur, provoque la destruction du malheur du monde. »
43
A lui qui parlait ainsi arrivé au refuge de lui-même, brûlé par la chaleur du feu de forêt du samsâra, après l'avoir regardé avec un regard humide par la saveur de la compassion, le sage lui chassera immédiatement la peur.
44
Le sage, à ce disciple, qui désire aller s'asseoir, qui désire la libération, qui a l'esprit pacifié, qui accomplit parfaitement ce qui a été dit,
qui possède l'équanimité, le sage devrait lui donner l'enseignement sur la réalité par compassion.
45
Le guru dit:
« Ô sage, n'aie pas peur. Il n'y a pas de danger en ce qui te concerne, il y a un moyen pour la traversée de l'océan du samsara, par lequel les ascètes sont allés vers sa rive. Je te montre le chemin en vérité.
46
Il y a un grand moyen qui détruira la crainte du samsara.
Après avoir traversé l'océan de l'existence grâce à lui tu atteindras la suprême béatitude.
23 septembre 2009
Le moine regarde
A mon ami le moine
quand tu regardes, c'est moi qui regarde
et quand je regarde, c'est toi qui regardes
et personne ne regarde
Ah!
21 septembre 2009
Adyashanti : conscience pure et méditation véritable
Je suis en train de lire ce livre d'Adyashanti, récemment traduit en français, et je le trouve plaisant. Rien de nouveau sans doute, mais l'auteur possède un ton sincère et clair.
Conscience pure et méditation véritable, ed. Ariane
Voici le récit de son éveil, survenu grâce à un son:
"Il y a plusieurs années, avant mon Éveil ultime, je cherchais l'illumination à corps perdu. Il faut en effet être un peu cinglé pour s'adonner sérieusement au zen. Mon maître disait toujours, «Seuls les fous restent. » L'une des formes que prenait ma folie, c'était qu'avant d'aller méditer parmi le groupe de mon maître pendant une heure ou deux les dimanches matins, je me levais tôt, à 5 h ou à 5 h 30, pour une méditation supplémentaire. Je restais assis dans une pièce minuscule à méditer, transi de froid.
Assis là, un de ces matins, il se passa deux choses, l'une après l'autre; deux événements en apparence très paradoxaux. La première, ce fut de constater spontanément que tout ne faisait qu'un. Pour moi, cela prit la forme d'un chant d'oiseau, un gazouillis dans le jardin et intérieurement, une question « Qui entend le son ? » Je ne m'étais jamais posé cette question auparavant. J'ai soudain réalisé que j'étais tout autant le son et l'oiseau, que celui qui entendait cet oiseau ; que le fait d'entendre le son et l'oiseau étaient les manifestations d'une seule et même chose. Je ne peux dire ce qu'elle est, sauf de dire que c'est une seule chose.
J'ai ouvert les yeux, et j'ai découvert que le même phénomène se produisait dans la pièce - le mur et celui qui voyait le mur étaient une seule chose. J'ai songé que c'était inouï et j'ai réalisé que celui qui avait cette pensée était une autre manifestation de cela. Je me suis levé et je me suis mis à me déplacer dans la maison en quête de quelque chose qui ne soit pas partie de l'Un. Mais tout était un reflet de cette chose unique. Tout était le divin. "
(voir dans le blog d'autres récits d'éveil
par les sons : ici
et ici )
Voici un autre passage interessant :
"Etre votre moi véritable, votre nature essentielle, c'est différent que d'en faire l'expérience par la pensée. Comprenez que vous êtes le mystère ; un mystère très éveillé, très vivant et aimant existe et c'est lui qui voit par votre regard actuellement. C'est lui qui entend par vos oreilles maintenant. Au lieu de tenter de tout élucider, une tâche impossible, je suggère que vous vous demandiez : «Qu'est ce qui, ultimement, est derrière ce regard?» Retournez-vous pour voir ce qui regarde. Faites la rencontre du pur mystère, du pur Esprit et éveillez-vous à ce que vous Etes."
Sur le site de l'éditeur on peut lire ces renseignements :
"Adyashanti (dont le nom signifie
paix primordiale) défie tous les aspirants à la paix et à
la liberté de songer sérieusement à la possibilité de se libérer
en cette vie. Il a commencé à enseigner en 1996, à la requête de
son maître zen avec qui il étudiait depuis quatorze ans. Depuis,
plusieurs chercheurs spirituels se sont éveillés à leur nature
essentielle en côtoyant Adyashanti.
Auteur de Emptiness
Dancing (Conscience pure), The Impact of Awakening
et My Secret is Silence, Adyashanti offre des instructions
spontanées et directes analogues aux enseignements des premiers
maîtres zen et des sages de l’Advaita vedanta. Néanmoins, Adya
déclare…: «Si vous filtrez mes paroles au travers d’une
tradition ou d’un système en –isme, vous passez à côté de ce
que je dis. La vérité libératrice n’est pas statique; elle est
vivante. Elle ne peut être émise sous forme de concepts et ne peut
être saisie par le mental. La vérité réside au-delà de toute
forme de fondamentalisme conceptuel. Ce que vous êtes se situe
au-delà – éveillé et présent, déjà ici et maintenant. Je vous
aide simplement à le réaliser.»
Natif de la Californie du Nord, Adyashanti vit avec sa femme Annie, et enseigne surtout dans la région de San Francisco, offrant des satsangs, des week-ends intensifs et des retraites en silence. Il se déplace pour enseigner dans d’autres régions des États-Unis et du Canada. Pour de plus amples renseignements, consultez www.adyashanti.org"
19 septembre 2009
Philosophies d'ailleurs
Ce blog ne pouvait pas ne pas se féliciter de la publication d'une anthologie de textes philosophiques indiens, tibétains, chinois, hébreux, africains, égyptiens.
Cette anthologie est dirigée par Roger Pol-droit. Les textes sont traduits et commentés par de grands spécialistes de ces pensées : Michel Hulin et Marc Ballanfat pour l'Inde, Matthew Kapstein et Stéphane Arguillère pour le Tibet par exemple.
Roger Pol-Droit rappelle dans sa préface que les grecs n'ont jamais pensé qu'ils avaient inventé la philosophie; ils reconnaissaient l'existence d'une philosophie en Inde, en Egypte ou aileurs.
C'est sous l'influence de Hegel, de Husserl et de Heidegger que ce mythe d'une philosophie uniquement grecque a vu le jour.
La plupart des philosophes en France le croit encore.
Cette croyance est le fruit d'une ignorance et d'un préjugé ethnocentrique.
Mais les choses changent, comme le montre cette belle anthologie que je salue.
jlr
Echos d'atelier
Hier soir, vendredi, s'est tenu à Paris, chez moi, un atelier autour de l'enseignement de Douglas Harding.
Dans cet enseignement, il s'agit de s'éveiller à sa vraie nature; il s'agit de voir celui qui regarde en nous et qu'on identifie à tort au corps et aux pensées.
C'est par les exercices radicaux de la Vision Sans Tête qu'il devient possible de libérer l'attention de l'ignorance.
Voici quelques unes des interventions des participants.
S: Quand on voit sa vraie nature, c'est toute la vision qui s'élargit. On ne voit plus simplement une chose du monde, mais le regard s'ouvre et la sensibilité s'agrandit.
G: Quand on est identifié à son corps, on croit voir le monde à partir des yeux. Maintenant, c'est comme si j'avais reculé en moi-même; et je ne vois plus à partir des yeux mais à partir de l'espace. Je suis en réception de tout ce qui arrive.
J-F: Je n'arrive plus à me localiser. Bien sûr le corps est ici sur la chaise, mais je ne suis nulle part.
Serge : Il n'y a plus d'intérieur et d'extérieur. Je ne suis plus derrière mon visage comme derrière une façade, mais tout est un.
J-F : Dans la vision, l'amour s'élève.
C'est toujours un privilège que de pouvoir partager de manière si simple quelque chose (une non-chose!) de si profond. Quand nous voyons notre vraie nature, nous voyons la vraie nature de tous les êtres, et nous sommes UN dans cet espace.
Merci à tous.
jlr
18 septembre 2009
Le monde est en nous
Douglas Harding disait dans ses stages :
"Vous n'êtes pas dans le monde, c'est le monde qui est en vous."
Tant que nous nous identifions à notre corps, nous pensons bien sûr être dans le monde, comme un objet.
Mais si nous nous éveillons à la conscience que nous sommes vraiment, si nous réalisons que nous ne sommes pas une chose, un objet, alors se lève la découverte qu'en effet le monde est en nous.
J'ai trouvé hier, en relisant Ramana Maharshi, le même enseignement (comment pourrait-il en être autrement?)
Voici un dialogue entre Ramana Maharshi et à un de ses visiteurs (L'enseignement de Ramana Maharshi, Albin Michel):
"Q (question): Si on se trouve en Europe, à des milliers de kilomètres d'ici et qu'on invoque votre aide...
M (Maharshi) : Où se trouve l'Europe elle est en vous.
Vous voyez le corps physique et vous concevez alors des limites. Le temps et l'espace opèrent sur le même plan. Tant que vous penserez en termes de corps physique, vous établirez des différences sous formes d'autres corps.
Vous trouvez-vous vraiment en Inde en ce moment? Ou bien l'Inde est-elle en vous? Cette notion que vous êtes en Inde doit disparaitre. L'Inde est en vous. (...)L'espace est en vous. Le corps physique se trouve dans l'espace, mais pas vous."
L'espace est en nous; il apparait dans le pur spectateur que nous sommes.
Au-dessus de nos épaules, très exactement.
Alors les limites tombent, et c'est la vie au grand large!
jlr
14 septembre 2009
Atelier à Paris avec José Le Roy
Les ateliers recommencent à Paris avec José Le Roy
Comment s'éveiller à sa vraie nature ?
Par l'attention à ce que nous sommes dans l'instant présent.
Nous verrons comment retourner notre regard pour le ramener à sa source.
Il s'agit de prêter attention à ce qui regarde en nous pour permettre à la conscience de l'éveil, immense, vide et éternelle de s'ouvrir en nous.
Rien n'est plus simple, grâce aux exercices de Douglas Harding.
Rien n'est plus simple ni plus profond.
vendredi 18 septembre à 20h30 entrée libre
téléphone : 0603930627
ou josleroy@aol.com







