Eveil et philosophie, blog de José Le Roy

Ce blog présente la philosophie comme un chemin d'éveil à notre vraie nature. La philosophie n'est pas un simple discours mais une voie de transformation et de connaissance de soi.

28 février 2009

Les vacances de la vacance

La première personne est toujours en vacances, toujours disponible pour accueillir ce qui apparait en elle. Ici, c'est la plage, le sable, et la mer qui sont accueillis dans l'espace de la première personne.

Il est essentiel de remarquer qu'il n'y a aucun observateur ; personne ne regarde. Juste le vide éveillé, que je suis.

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27 février 2009

Je ne suis pas le corps 3

Argument 3

Je suis différent de mon corps car je suis indépendant de lui, comme le montre ce texte de John Eccles, prix Nobel de Médecine, neuroscientifique

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  "On à l'habitude de considérer la personne comme s'identifiant à l'ensemble de ses parties : visage, corps, membres, etc. On n'a aucune peine à montrer qu'il s'agit là d'une erreur. En effet, l'amputation des membres ou la perte des yeux, bien que mutilante, laissent intacte l'identité de la personne. Cela vaut également pour l'ablation d'organes internes. Un grand nombre d'entre eux peuvent être enlevés totalement ou en partie. La personne humaine survit inchangée après une transplantation des reins, voire du coeur. Et le cerveau?

Heureusement la transplantation du cerveau n'est pas réalisable sur le plan chirurgical, mais la transplantation de la tête l'est déjà. Qui peut douter que c'est la personne « propriétaire » de la tête transplantée qui sera désormais « propriétaire » d'un nouveau corps, et non pas l'inverse ? On veut espérer que, pour ce qui est des humains, cela restera une « expérience en pensée », mais, pour ce qui est des mammifères, l'expérience a déjà été tentée et réussie. Il est clair qu'en dehors du cerveau les autres parties de la tête -yeux, nez, machoires etc- ne sont pas plus concernées par un changement de propriétaires que les autres partie du corps.

Même si l'on admet que le cerveau est le siège de la personnalité consciente, il est clair que bien des parties du cerveau n'y sont pour rien. En effet, l'ablation du cervelet détériore gravement les capacités de mouvement, mais la personne n'en est pas affectée par ailleurs. Il en va tout à fait différemment de la partie principale du cerveau: les hémisphères cérébraux. Ceux-ci sont intimement liés à la conscience de la personne, même si cela n'est pas dans la même mesure . Chez 95 % des gens, il y a dominance de l'hémisphère gauche, qui est l'hémisphère de la parole, spécifiquement associé à la communication linguistique. Sauf chez les jeunes enfants, son ablation a pour résultat une dégradation grave (mais pas la destruction) de la personne humaine. En revanche l'ablation de l'hémisphère mineur (normalement le droit) débouche sur une perte de muovement du coté gauche (l'hémiplégie), mais la personne n'est pas gravement affectée par ailleurs. Des dommages causés sur d'autres parties du cerveau peuvent également perturber sérieusement la conscience de la personne humaine" Evolution du cerveau et création de la conscience

De ce texte, il ressort très nettement que je ne suis pas le corps, puisqu'on peut l'enlever (presque) complètement sans que cela ne modifie ce que je suis.

Il est vrai que la conscience semble liée à une partie du cerveau. Le cerveau produit-il la conscience? Eccles ne le pensait pas puisqu'il a affirmé, dans d'autres ouvrages,  que la conscience était indépendante de lui. Que des lésions dans la partie gauche du cerveau pertubent la conscience, ne signifie pas qu'elles la détruisent. De plus il faut distinguer entre la conscience de la personne humaine, c'est-à-dire l'individualité avec sa mémoire, et la conscience pure non-individuelle.

La conscience pure n'est pas dans le cerveau mais c'est le cerveau et monde qui sont en elle.

jlr

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23 février 2009

Je ne suis pas le corps 2

Frappé de l'identification des gens à leur corps, je continue de donner des arguments qui établissent que nous ne sommes pas le corps.

Argument 2

Le corps est un objet fait de matière. Il a un poids, une taille, des couleurs comme tous les objets.

Or les objets sont divisibles, et ce corps l'est également. Mais JE ne suis pas divisible, donc je ne suis pas le corps.

Ainsi, si on coupe mes cheveux, est-ce qu'on me coupe moi? Non.

Si on me coupe les ongles, est-ce qu'on me coupe, Moi ? Non.

Si le dentiste m'arrache une dent, est-ce qu'il m'enlève une partie de moi-même ? Non. (Une dent est en ivoire...)

Quand je vais aux toilettes, est-ce qu'en perdant des excréments, je perds une partie de moi-même? Non.(à moins d'être vraiment dingue...)

Si par accident je me coupe une phalange d'un doigt, est-ce que j'ai perdu une partie de mon moi? Non.

Si je perds une jambe, est-ce que  je perds une partie de moi ? Non. Bien sur, mon action sera modifiée, je serai peut-être déprimée, mais là n'est pas la question. A moins que vous ne considériez les handicapés commes des demi-personnes !

Encore une fois, le corps est divisible , pas le JE. Je ne discute pas ici de savoir si je peux être sans le corps, mais de ce que je suis vraiment.

Alors on peut continuer de dire "Je suis bronzé", "je pèse 75 kg", "je mesure 1m75" mais en sachant que ce sont là juste des manières de parler, non pas la réalité, comme l'on dit "le soleil se lève ou se couche" en sachant qu'il n'en est rien.

jlr

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20 février 2009

Je ne suis pas le corps 1

Je suis stupéfait que les gens s'identifient à leur corps de chair, limité et mortel et ne remettent pas en question cette croyance. Je me suis même aperçu que certaines personnes s'identifiaient à leurs cheveux : si on change ma coiffure, c'est moi qu'on change etc...!

Au cours de mes lectures, de mes reflexions, et de mes expériences, j'ai rassemblé un certain nombre d'arguments qui me semblent très convaincants pour faire vaciller cette identification.

Argument 1:

Mon corps est composé de la nourriture que j'assimile ou que j'ai assimilée par le passé ce qui revient au même. Quand je regarde un plat de frites, je ne suis pas assez stupide pour dire : "Ces frites, c'est ce que je suis!" Je suis un sujet et ces frites, ce plat est un objet. Je ne suis pas identifié à cette nourriture, à moins d'être fou.

Pourtant, ensuite quand je l'ai mangée, je dis: "Ce corps c'est moi". Or ce corps est composé des mêmes atomes, des mêmes molécules que celles qui composaient les frites, ou les pates, ou la viande que je voyais tout à l'heure devant moi.

Je ne suis pas plus ce corps que ne suis la nourriture qu'on me sert !

à suivre.

jlr

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19 février 2009

Bergson et le corps immense

Bergson est un des philosophes qui s'est le plus interessé aux mystiques ; il demandait qu'on accorde autant d'importance aux expériences mystiques qu'aux expériences scientifiques.

Dans le texte ci-dessous, Bergson nous demande de voir que notre vrai corps ne se limite pas à ce corps de chair, mais qu'il va jusqu'aux étoiles. Notre vraie corps est vaste comme l'espace.

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"On ne se lasse pas de répéter que l'homme est bien peu de chose sur la terre, et la terre dans l'univers. Pourtant, même par son corps, l'homme est loin de n'occuper que la place minime qu'on lui octroie d'ordinaire, et dont se contentait Pascal lui-même quand il réduisait le corps à n'être, matériellement, qu'un roseau. Car si notre corps est la matière à laquelle notre conscience s'applique, il est coextensif à notre conscience, il comprend tout ce que nous percevons, il va jusqu'aux étoiles. Mais ce corps immense change à tout instant, et parfois radicalement, pour le plus léger déplacement d'une partie de lui-même qui en occupe le centre et qui tient dans un espace minime. Ce corps intérieur et central, relativement invariable, est toujours présent. Il n'est pas seulement présent, il est agissant : c'est par lui, et par lui seulement, que nous pouvons mouvoir d'autres parties du grand corps. Et comme l'action est ce qui compte, comme il est entendu que nous sommes là où nous agissons, on a coutume d'enfermer la conscience dans le corps minime, de négliger le corps immense... Mais la vérité est tout autre, et nous sommes réellement dans tout ce que nous percevons " Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion

On peut rapprocher ce texte de ce schéma de Douglas Harding qui a dessiné le corps de la première personne, le corps de ce que nous sommes vraiment.

Entre notre main gauche et notre main droite, nous voyons notre vrai corps, immense et vaste comme le monde. Cessons de nous identifier à notre petit corps, que nous voyons dans le miroir tous les jours. Nous sommes bien plus vaste. Notre vrai corps va jusqu'aux étoiles.

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16 février 2009

Citations sur l'imobilité

Pour faire écho à cette  Page de Wilber sur l'immobilité voici des citations d'autres témoins qui ont également vu l'immobilté de ce que nous sommes.

"La prochaine fois que vous conduirez votre voiture, pourquoi ne pas laisser les réverbères, les arbres, les immeubles et les collines sur votre route vous dire Qui conduit ? Ils ne demandent qu'à vous initier. Si vous vous obstinez à voir en eux des objets fixes dans un monde statique, alors il est certain que c'est une conduite humaine, imprudente. Mais plaise à Dieu qu'il vienne un jour ou vous serez assez raisonnables et assez humbles pour regarder vraiment et cesser d'être victimes d'hallucinations. Alors voyant Celui Qui anime le Monde à l'oeuvre, vous vous réjouirez de ce spectacle superbe. Et vous saurez qu'Il est Celui que vous êtes vraiment, vraiment, vraiment." Douglas Harding, Le Procès de l'Homme qui disait qu'il était Dieu.

"Le Tao est toujours immobile, et pourtant il n'est rien qu'il ne fasse."TAO TE KING

"Rien n'est stable, rien n'est fixe, rien n'est à l'abri du changement parmi les choses qui sont créées, ni au ciel, ni sur terre. Dieu seul est immuable." HERMES TRISMEGISTUS

"Au Centre où il n'y a personne, cette lumière se dissout dans une Lumière encore plus puissante... Car ce Fondement est l'Immobilité Indivisible. Immobile en soi, cette Immobilité anime toutes choses." Eckhart

"L'homme extérieur est la porte battante , l'homme intérieur est le gond immobile" Eckhart

"Pendant longtemps, j'ai tourné autour de la Ka'ba . Quand j'ai trouvé Dieu, j'ai vu que la Ka'ba tournait autour de moi" BAYAZID AL-BISTAMI

"Quand je traverse le pont, c'est le pont qui coule, non l'eau." Proverbe Zen.

"Quiconque dit que le Tathagata va ou vient, s'assied ou se couche, ne comprend pas le sens de mon enseignement". Sutra du Diamant.

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Je suis le pôle autour duquel tourne le monde, comme les étoiles

dervish

14 février 2009

La conscience et le corps

Dans Libération du 10.02.09, j'ai trouvé cet article sur l'identification de la conscience avec le corps (j'ai rajouté les photos correspondant aux expériences ):

"Vivre dans la peau d’un autre. Sentir la caresse faite à un objet en plastique, sortir de son corps et le voir en face de soi… C’est possible, le temps d’une expérience, courte mais inoubliable : une expérience d’extracorporalité… rigoureusement scientifique. Conçue par l’équipe du jeune neurobiologiste Henrik Ehrsson de l’Institut Karolinska de Stockholm, elle marche à tous les coups, sans hallucinogène. J’en témoigne, je l’ai faite, à l’aimable invitation de l’équipe suédoise. Ses travaux, présentés en novembre devant les initiés de la Société américaine des neuroscienes,font désormais référence dans la recherche, effervescente, sur les fondements biologiques de la conscience (lire page suivante). Caresse. «Notre projet, explique Valeria Petkova, jeune chercheuse dans l’équipe d’Ehrsson, est de décrypter les mécanismes neurobiologiques déterminant la perception du corps, élément fondamental de la conscience de soi.» Autrement dit, il s’agit de comprendre comment mon cerveau sait que ceci est «ma» peau, «mon» pied, «ma» tête. Pour révéler les bases de cette perception, les neurologues ont cherché ce qui pouvait la troubler. Ils ont donc créé des illusions de conscience corporelle…

Me voici donc, par une journée d’hiver suédois, promue journaliste cobaye et installée dans une pièce aux murs couverts d’épais rideaux bleus. Devant moi, un mannequin en plastique. Sur sa tête, deux petites caméras. Tournées vers le sol, elles sont reliées à «des lunettes de réalité virtuelle» que me tend Valeria Petkova. Je les chausse. Elle me demande de regarder mon ventre. Je vois ce que «voient» les caméras : les pieds du mannequin, au bout de deux longues jambes surmontées d’impeccables abdominaux nus. Troublant. Mais l’expérience ne fait que commencer.

Je ne dois plus bouger. La chercheuse touche mon ventre avec un crayon et fait le même geste, synchrone, avec un autre crayon, sur le ventre du mannequin. Au début, tout est normal. Je sens la caresse du crayon sur mon corps même si ce que je vois, c’est le mouvement du crayon sur le corps du mannequin.

Mais au bout d’une minute, à force de voir ce ventre de plastique être l’objet d’une caresse que je ressens, je suis prise d’une illusion étrange. Je me sens être dans le corps que je vois. Je suis passée dans le corps du mannequin…

«L’expérience fonctionne à chaque fois», relève Valeria Petkova. Au-delà de toute espérance : lorsque le crayon est remplacé par un couteau qui menace le ventre du mannequin et lui seul, les volontaires se sentent physiquement agressés : la chercheuse l’a vérifié en mesurant la conductance de leur peau, qui a révélé une subtile sudation.

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Valeria Petkova me propose à présent d’échanger mon corps avec le sien, le temps d’une poignée de main. Le dispositif est le même qu’avant, sauf que les caméras sont désormais fixées sur sa tête et tournées vers moi. Quand je chausse les lunettes de réalité virtuelle, c’est donc mon corps que je vois face à moi. «Maintenant, serrons-nous la main.» Je tends ma main à la chercheuse, elle me tend sa main. Mais c’est ma main que je vois tendue vers moi, c’est ma main que je serre… Je suis en face de moi ! Je suis elle. Comment expliquer ce phénomène ?

La sensation d’être hors de son corps est un trouble psychique bien documenté : nombreux sont les sujets victimes d’attaque cérébrale, de traumatisme crânien, d’épilepsie, qui ont raconté s’être vu flottant au-dessus de leur corps, ou s’être projeté dans celui d’un autre. La série d’expériences conduites dans les laboratoires de l’Institut Karolinska ne reproduit pas exactement ces sensations, mais «elles créent des situations qui permettent d’étudier la construction de la conscience du corps» , souligne Henrik Ehrsson, 36 ans, obsédé par cette question depuis l’époque où il était étudiant en médecine. «Je me demandais ce qui se passerait si j’enlevais mes yeux et si je les mettais sur mon ventre. Est-ce que je ressentirais la conscience de mon corps au niveau du ventre ?»

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Bras en caoutchouc.

Les travaux du neurobiologiste Matthew Botvinick le fascinent. Ce chercheur de l’université de Princeton a publié en 1998 un article dans Nature, où il décrit «l’illusion de la main en caoutchouc». Un volontaire, dont le bras est dissimulé à la vue, est assis à une table sur laquelle repose un bras en caoutchouc. Le chercheur caresse simultanément la main du volontaire et celle du bras en caoutchouc. Au bout d’un temps, le sujet dit avoir la sensation que le faux bras lui appartient. Cette illusion, conclut alors Matthew Botvinick, «révèle une triple interaction entre la vision, le toucher et la proprioception», terme qui désigne la perception de la disposition des parties de son corps les unes par rapport aux autres." Libération.

Voici une video montrant l'identification avec un bras en plastique. Le participant est assis, sa main est tendue et dissimulée. Ce qu'il voit est une fausse main en caoutchouc, décalée sur le côté par rapport à sa vraie main. Un pinceau chatouille simultanément sa main et celle en caoutchouc. A force de répéter l'expérience où coincident sensations tactiles et visuelles, le sujet finit par s'approprier la fausse main lusqu'à penser qu'il s'agit vraiment de sa main! S'il ferme les yeux et qu'on lui demande avec son autre main de désigner la main chatouillée, il pointe vers la main en caoutchouc. Illustration (en anglais):

Conclusion :

Les conclusions que je tire de ces expériences sont les suivantes et assez différentes de celles des psychologues qui travaillent sur ces expériences:

1-On voit nettement avec les cameras que le mannequin en plastique n'a pas de tête et que rien ne le regarde.

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Sur la photographie de droite, il n'y pas de tête, pas d'observateur. Personne ne regarde le mannequin !! C'est évident et pas un de ces prétendus scientifiques n'est capable de le voir !! Nous ne sommes pas dans le corps, c'est le corps qui est dans la consience, qui apparait dans l'espace vide de la conscience comme le montre cette photo (par Colin Fox)

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2-La conscience peut s'identifier avec un mannequin en plastique, avec une main en caoutchouc. Pourquoi ? Parce que la conscience n'est pas un corps. Seule notre ignorance nous conduit à nous prendre pour un corps de chair ou en caoutchouc et il n'est pas moins stupide de s'identifier à un corps de chair qu'à un corps en plastique.

jlr

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12 février 2009

Ken Wilber et l'immobilité

Je lis en ce moment le journal de Ken Wilber pour l'année 1998 :

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C'est un excellent livre, très interessant.

Je suis tombé sur ce passage où Wilber parle de l'immobilité de notre être véritable. Ce que nous sommes vraiment ne bouge pas. Je l'avais moi-même écrit dans deux messages La marche de la première personne et L'immobilité dans le mouvement

"Mercredi 4 juin

J'ai décidé d'aller faire du jogging ce matin derrière la maison. Si vous restez en tant que Témoin pendant que vous courez, vous ne bougez pas, le sol bouge. Vous, en tant que Témoin, êtes immobile, plus précisément, vous n'avez aucune qualité du tout, aucun trait, aucune mobilité et aucune agitation, puisque vous reposez dans la vaste vacuité que vous êtes. Vous êtes conscients du mouvement, c'est pourquoi vous, en tant que Témoin, n'êtes pas le mouvement. Ainsi quand vous courez, c'est comme si vous ne bougiez pas du tout ; le Témoin est libre du mouvement et tranquille, ainsi le sol simplement se déplace. C'est comme si vous étiez dans un cinéma, ne bougeant pas de votre siège et pourtant voyant la scène entière bougeant devant de vous.

C'est facile à faire quand vous conduisez sur l'autoroute. Vous pouvez simplement resté assis, relaxé, et voir que vous ne bougez pas, seule la scène bouge. C'est souvent suffisant pour faire basculer les gens dans l'état de Témoin réel dans lequel vous allez simplement vous reposer comme conscience sans choix, regardant le monde s'en allant, et vous ne bougez pas du tout. Ce centre immobile de votre pure conscience est en fait le centre du cosmos entier, l'oeil ou le Je-Je du cyclone du monde. Ce centre immobile ( il y en a seulement un  dans le monde entier et il est identique dans tous les êtres, le cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part) est aussi le centre de gravité de l'âme.

En tant que Témoin, Je ne bouge pas à travers le temps, le temps bouge à travers moi. Juste comme les nuages flottent dans le ciel, le temps flotte à travers l'espace ouvert de ma conscience primordiale, et je reste intouché par le temps et l'espace et leurs exigences. L'éternité ne signifie pas vivre toujours dans le temps, ce qui est plutot une horrible idée, mais vivre dans le moment qui est atemporel, avant le temps et de avant son désarroi.

L'infinité ne signifie pas vraiment un grand espace, mais une absence d'espace. En tant que témoin je suis sans espace, en tant que témoin, je suis hors du temps. Je vis dans l'éternité et j'habite l'infini, simplement parce que le Témoin est libre du temps et de l'espace.

Donc ce matin, je suis allé faire du jogging et rien du tout n'a bougé, sauf la scène sur le film de ma vie." Ken Wilber


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Epictete, la mort et l'humour

Pas toujours facile d'accepter ce qui ne dépend pas de nous...

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10 février 2009

Epictete et le stoïcisme

Comment ne plus souffrir ?

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Epictète est un philosophe stoicien, né en 50 après JC mort en 130.

Comme Socrate, Epictète n'écrivit rien. Ce fut son disciple Flavius Arrien qui, ayant suivi les leçons d'Epictète à Nicopolis, rédigea les notes qu'il  avait prises en écoutant son maître. De là sortirent les Entretiens d'Epictète en huit livres, dont il ne nous reste plus que quatre. De tous ces entretiens, Arrien lui-même en tira ce qui lui parut essentiel, pour le condenser en un petit livre : le Manuel d'Epictète.

Je ne me lasse pas de lire et d'enseigner à mes élèves ce petit texte qui me parait à la fois profond et très pratique. Voici un extrait de son  Manuel.

Chapitre 5 du Manuel

"Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les Jugements qu'ils portent sur ces choses. Ainsi, la mort n'est rien de redoutable, puisque, même à Socrate, elle n'a point paru telle. Mais le jugement que nous portons sur la mort en la déclarant redoutable, c'est là ce qui est redoutable. Lorsque donc nous sommes traversés, troublés, chagrinés, nous ne nous en prenons jamais à un autre, mais à nous même, c'est à dire à nos jugements propres. Accuser les autres de ses malheurs est le fait d'un ignorant; s'en prendre à soi-même est d'un homme qui commence à s'instruire ; n'en accuser ni un autre ni soi-même est d'un homme parfaitement instruit." Manuel trad Mario Meunier

Nous pensons tous que nos souffrances sont causées par l'extérieur : je suis triste parce qu'elle m'a quitté; je suis en colère car je viens de perdre mon emploi; je suis irrité parce qu'il m'a insulté...etc En réalité, Epictète nous apprend ici que nous sommes nous-même responsables de nos souffrances, de nos troubles, de nos peurs. Ainsi la mort n'est pas redoutable en soi. La preuve, Socrate n'a pas eu peur de la mort (voir le Phédon qui relate le dernier jour de la vie de Socrate ).

Il y a ainsi trois niveaux de maturité:

Au plus bas, l'ignorant qui pense que tous ses maux lui viennent de l'extérieur.

Au second, le philosophe qui souffre encore parfois mais qui sait qu'il  est seul responsable de ses tristesses et chagrins.

Enfin le sage, qui n'étant plus jamais en souffrance, ne se plaint ni de lui-même ni des autres.

Le stoïcisme est une philosophie optimiste car il affirme que puisque nous sommes seuls responsables de notre souffrance, nous pouvons nous en libérer absolument.

Mais bien sûr pour que ça marche, il faut appliquer les préceptes d'Epictète dans sa propre vie à chaque instant.

Posté par josleroy à 19:45 - Philosophie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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